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Les vies prolétaires

Ce  projet à pour point de départ une observation et une réflexion nées de la pratique des séances « Histoire d’un film, mémoire d’une lutte » de 2005 à 2008. Le succès de ces tables rondes et restitutions a été triple : redécouverte de conflits sociaux oubliés auprès de publics très divers, circulation d’une parole de témoins et d’une parole d’experts sous forme d’atelier, mise en avant du rôle de l’image comme élément déclenchant des témoignages mais aussi comme document historique (pouvant contredire les témoignages).

Ce second cycle de tables rondes, « Les vies prolétaires », a pour but, toujours à partir des films, de faire revivre non pas des conflits mais de suivre des itinéraires d’ouvrières et d’ouvriers ou de fils de prolétaires (que ceux-ci le soient restés ou non) et d’analyser ce que l’image – la leur ou celle qui les a touché intimement – a provoqué en eux. Ces histoires singulières nous permettront de renouer avec une histoire populaire.

Tangui Perron

Né en Algérie en 1946, Youcef Tatem a toujours vécu en Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Sec et Bobigny. Ses très diverses pratiques cinéphiliques, entamées dès le plus jeune âge, sont l’indice d’une cinéphilie populaire en banlieue, socle aujourd’hui oublié des politiques culturelles municipales. Passé d’une cinéphilie débridée à l’éducation populaire et au militantisme politique et associatif, le parcours de Youcef Tatem est celui de toute une génération qui liait émancipation culturelle, projet politique et émancipation humaine.

Une lutte peut en cacher une autre, ainsi que tout un train de mobilisations. Si aujourd’hui le long conflit des foyers Sonacotra (1975-1980) est en passe d’être bien connu (mais il y a encore des recherches à poursuivre au niveau des mobilisations locales), les luttes  antérieures, menées dans des foyers aux sigles divers (Soundatia, Assotraf, Adef…), sont aujourd’hui méconnues, alors qu’elles ont largement contribué à faire découvrir les réalités de l’immigration – et pas seulement au niveau du logement.

En mars 1938, mandaté par le journal Regards, Willy Ronis réalise une série de clichés dans l'usine Citroën-Javel occupée par ses ouvrières et ouvriers. Publiée plus de quarante plus tard, une de ces photos, celle de la militante Rose Zehner haranguant la foule des grévistes, va devenir une icône du Front populaire et du mouvement social.
 

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