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La Grande Lutte des Mineurs

 
 

vie du film

 

synopsis

La longue et âpre grève des mineurs d’octobre 1948. Après une évocation de la dureté de la profession, ce film d'agitation décrit le déclenchement de la grève, son déroulement, et s'achève par un appel à la solidarité. Un discours véhément, une bande-son travaillée, des images d'affrontements et un montage remarquable stigmatisent les agissement des CRS ("CRS = SS"), la présence de l'armée dans les corons et les responsabilités du gouvernement "soumis aux intérêts américains". A rebours, ce film collectif exalte l'héroïsme des mineurs, la solidarité et l'internationalisme prolétarien. Le nom du ministre socialiste Jules Moch est prononcé "moche", (sans doute pour sa rime avec le mot "boche" également utilisé). Séquence montrant les bus des municipalités communistes de la région parisienne venir chercher les enfants de mineurs (bus de Bezons, Villejuif, Stains, Dugny, Gentilly, Issy-les-Moulineaux, Villeneuve-Saint-Georges). Le commentaire précise que l'on propose aux mineurs étrangers un "dilemme machiavélique" : "le travail de briseur de grève ou la frontière" ("pour les Espagnols, c'est la mort"). Un des plans finaux, symbolique, plusieurs fois repris par d'autres films militants, montre une vieille femme blanche et un travailleur noir en train de manifester côte à côte, au son de l'internationale.
La grande Lutte des Mineurs, marqué par la guerre froide, fut conçu pour susciter une solidarité active en faveur des mineurs en lutte (dont en nature et en argent, accueil des enfants grévistes). Il fut interdit par la censure, suite à l'arrêté du 6 décembre 1948 qui soumettait les films non-commerciaux à une censure préalable, ce qui permettait l'interdiction de la plupart des films militants alors produits par le PCF et la CGT. Si cet arrêté visait en priorité La grande lutte des mineurs il fut ensuite couramment utilisé pour interdire les films militants diffusés pendant la guerre froide. Pour éviter (en vain) la censure du film, Louis Daquin assuma la paternité de sa réalisation et Roger Vailland cette de son commentaire. René Vautier, alors assistant-stagiaire, ne put réellement participer au tournage du film puisqu'il fut appréhendé par les CRS sur le port de Dunkerque. La réalisation de ce film doit donc beaucoup à André Dumaître, opérateur, à Paula Neurisse et Fabienne Tzank, monteuses.

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