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2014-2015 Parcours "Langage"

Année(s) : 2014-2015

Intervenant(s) : Corinne Sullivan (Cinéaste)

Etablissement : Collège Georges Politzer - Montreuil

Classe : 25 élèves. Classe de 3 ème

Enseignant(s) : Professeur Lettres et Professeur d’Anglais

présentation

Il s’agit de s'appuyer avec les élèves sur des questionnements cinématographiques et anthropologiques autour de la thématique des migrations et des langues dans le but de mener une réflexion sur le plurilinguisme de leur ville, Montreuil. L’objectif est de leur donner des outils afin de les aider à mieux comprendre le monde qui les entoure à travers une pratique du cinéma documentaire, un art qui interroge le réel et porte un regard particulier sur l’autre. Par ailleurs, en vue d'introduire la question de la langue et du territoire, des extraits de pièces de Koffi Kawuhalé, “écrivain nomade” d’origine ivoirienne, sont présentés aux élèves.

Pour Corinne Sullivan, réalisatrice de documentaires, la langue constitue un élément de mise en scène. Pendant cinq ans, elle tourne Mutso, l’arrière-pays en Géorgie sans maîtriser la langue du pays. Le rôle de la traductrice occupe alors une place centrale dans le dispositif de tournage: elle est un personnage à part entière, présent à l’image durant tout le film, comme le suggérait l’idée de départ. A partir d’extraits de Mutso, l’arrière-pays et de rushs non-utilisés retraçant le cheminement de la réalisatrice par rapport à la traduction, une réflexion sur la place d’un réalisateur et ses choix de mise en scène en lien avec la question de la langue est proposée à la classe.

Dans un premier temps, les élèves interrogent leur rapport au langage. Quelles langues parlent-il ? (langue maternelle, langue de la rue, de leur école…) Comment l’attachement à l’identité d’un groupe s’exprime-t-il dans la langue ? Les réflexions et les échanges générés servent de base à l’élaboration d’un premier travail de photo et de son sous forme d’autoportraits. Cette étape favorise une prise de conscience du « travail » de cinéma qui permet d’arriver au film (travail du son : voix off, son d’ambiances, transitions… / travail de l’image : valeur des plans, les dominantes de couleurs, la composition des plans, ...). Ces créations sont le premier contact avec la classe de seconde du lycée de Lowell High School à San Francisco, à qui elles seront transmises par internet. 

Puis, les élèves sont amenés à choisir quelques lieux et personnages à Montreuil dans le but de réaliser des courts métrages autour de la question des langues et des migrations. Comment la langue entre en jeu dans un parcours migratoire ?

Il s’agit de porter un regard personnel en mettant l’accent sur des questions cinématographiques et anthropologiques : Comment faire un entretien ? Comment filmer le lieu physique dans lequel les gens vivent, mais également le lieu auquel ils se réfèrent – souvenir d’enfance ou souvenir d’ailleurs?  Il faut alors penser un travail d’imagination à partir d’un lieu réel, aller voir l’envers du décor, poser un regard différent sur un univers familier.

vie du parcours