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La grande grève des mineurs (1er mars - 4 avril 1963)

 

réalisation : Collectif

montage : Emma Le Chanois

vie du film

 

synopsis

La grève unitaire des mineurs français de mars 1963. Après avoir rappelé, en voix-off, les raisons de la grève - essentiellement déclenchée pour obtenir une revalorisation de 11% - "La grande grève des mineurs" décrit les principales phases du conflit : le premier jour de la grève (le 1er mars), la mise en échec de la tentative de réquisition par le gouvernement Pompidou deux jours plus tard, les débrayages de soutien dans tout le pays le 5, la manifestation du 29 réunissant 80 000 personnes à Lens. Comprenant plusieurs interviews (un vieux mineur en haut d'un terril...), ce documentaire insiste sur l'unité, l'organisation et le calme du mouvement, le rôle des femmes et celui de la solidarité nationale et internationale. Les commerçants soutiennent la grève, l'argent des collectes afflue et 12 000 enfants de mineurs partent pour les vacances de Pâques dans des familles d'accueil, grâce, entre autres, au Secours populaire et à l'Union des femmes françaises. Des pancartes brandies au sein des manifestations s'en prennent directement à de Gaulle ou à sa politique ; elles revendiquent également de réelles avancées sociales. ("Un piqueur pour de Gaulle", "De Gaulle des sous", "Nos 40 heures payées 48", "Des milliards pour la bombe atomique, rien pour les mineurs"...). Au sein de la séquence consacrée à la manifestation de Lens, plusieurs plans sur un travailleur originaire du Maghreb. Le film s'achève par une énumération de ce que les mineurs ont obtenu le 3 avril après 48h de négociation, et par une longue citation de Benoît Frachon lors du 34e Congrès de la CGT à Saint-Denis, citation mettant en valeur les gains matériels et surtout politiques de la lutte des mineurs.
La grande grève des mineurs, au ton mesuré, insiste sur l'unité syndicale et politique qui a permis de faire reculer le gouvernement, tout en soulignant le rôle de la Fédération du Sous-sol CGT et celui de ses dirigeants. Exceptés les plans sur le mineur maghrébin, la présence (discrète) de l'Internationale et le titre du film, La grande grève des mineurs, tant sur la forme que sur le contenu, paraît fort éloigné de La grande lutte des mineurs, bien plus virulent et sans doute plus efficace.

Tangui Perron

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