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Henri Alekan est issu d'une vieille famille parisienne, juive et laïque, qui fut profondément marquée par l'Affaire Dreyfus. Son père, Armand Alekan (fils d'un graveur sur métaux) ingénieur agronome et directeur du laboratoire de recherches de la Cie générale des voitures à Paris, participa à la fondation de la Ligue des Droits de l'Homme. Son grand-père maternel, Isidore Marx Isaac, militaire avec le grade de capitaine, fut rétrogradé soldat deuxième classe après savoir participé à un esclandre au cours duquel il avait défendu le capitaine Dreyfus. Les trois frères d'Henri Alekan, André, Pierre et Raymond Alekan bénéficièrent comme lui d'une éducation bourgeoise.

Avec Les Hommes debout (2010) de Jérémy Gravayat nous nous situons à la frontière d’un cinéma engagé et du cinéma expérimental. Ce documentaire, tant à partir de rushes d’un ancien film militant que de recréations fictionnelles, fait le lien entre d’anciennes mobilisations des travailleurs immigrés du groupe Penarroya et les évolutions urbaines et sociologiques d’un quartier autrefois ouvrier de la banlieue de Lyon – en posant de pertinentes questions politiques. 

Si, en décembre 1978, l’annonce de la suppression de plus de 20 000 emplois de sidérurgistes, dont 6500 rien qu’à Longwy, est perçue par les travailleurs et les populations concernées comme un véritable coup de tonnerre, celui-ci n’éclate pas dans un ciel serein. Entre août 1978 et août 1979, le chômage augment de 11% pour atteindre le chiffre inégalé de 1,735 millions de chômeurs dans toute la France. Des pans entiers de l’industrie (souvent bastion du syndicalisme) sont victimes de plans de restructurations : machine-outil et métallurgie, textile-habillement, bâtiment, Livre et imprimerie… Entre 1971 et 1975, 21 hauts-fourneaux ont déjà été supprimés ; de 1966 à 1977, la sidérurgie et ses activités annexes a déjà perdu 46 000 emplois. En 1977, la production est inférieure à celle de 1969. Alors que la France produisait en 1953 plus d’acier qu’elle n’en utilisait, elle accuse en 1977 un important déficit… 

Pendant longtemps les deux films de Jean Renoir, La vie est à nous  (1936), produit par le Parti communiste dans le cadre de la campagne électorale des élections législatives, et La Marseillaise (1938), en partie financée par une souscription populaire organisée par la CGT, ont été les deux arbres, l’un franchement communiste, l’autre très « Front populaire », qui ont masqué une forêt de films produits et diffusés par des réseaux militants particulièrement vivaces, réseaux (de gauche) tentant de marier culture, distraction et propagande.  La CGT ne s’est pourtant pas contentée de participer activement à l’aventure de La Marseillaise; l’organisation syndicale a en effet été à l’origine, autour de 1938, de trois « films fédéraux », Sur les routes d’acier, Les bâtisseurs et Les métallos, soit les films des fédérations des cheminots, des travailleurs du bâtiment  et des métallurgistes, respectivement réalisés par Boris Peskine, Jean Epstein et Jacques Lemare.

La participation du monde ouvrier et du mouvement syndical à la création du Festival International du film à Cannes est aujourd'hui ignorée ou, au contraire, fantasmée. Non, la CGT n'a pas crée de toute pièce le Festival de Cannes. Mais l'apport de la centrale syndicale tant au niveau local qu'au niveau national a été déterminant pour le lancement du Festival. Et il est peut-être opportun, à ce jour, de rappeler  les origines populaires, syndicales et politiques du plus grand festival de cinéma.

Né en Algérie en 1946, Youcef Tatem a toujours vécu en Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Sec et Bobigny. Ses très diverses pratiques cinéphiliques, entamées dès le plus jeune âge, sont l’indice d’une cinéphilie populaire en banlieue, socle aujourd’hui oublié des politiques culturelles municipales. Passé d’une cinéphilie débridée à l’éducation populaire et au militantisme politique et associatif, le parcours de Youcef Tatem est celui de toute une génération qui liait émancipation culturelle, projet politique et émancipation humaine.

Né le 17 janvier 1905 à Paris (XVIème arr.) mort le 21 août 1955 à Paris (Xème arr.), peintre décorateur, militant syndicaliste et communiste, secrétaire adjoint (1936-1939), puis secrétaire général des travailleurs de l'industrie du film (CGT), secrétaire général de la Fédération du Spectacle (1951-1955), résistant.

Deuxième (mais non pas dernière) adaptation du célèbre roman de Pierre Loti, ce film Jacques de Baroncelli possède de nombreuses qualités cinématographiques et documentaires, au-delà d’une intrigue assez convenue.

Tourné à Paimpol pour les extérieurs, Pêcheur d’Islande nous plonge dans une réalité aujourd’hui disparue : celle de la pêche du début des années 1920, ou celle d’un paysage composé de haies, de chemins, et de ports en activité. Jacques de Baroncelli glisse de surcroît dans son film de véritables extraits de bandes documentaires sur la technique de la pêche à la morue ou sur une noce en Bretagne (il s’agit de films Pathé du début des années 1900). Certains habitants se prêtèrent même au jeu de figurant - et leurs visages burinés, travaillés par la mer, tranchent avec la blancheur du teint de l’actrice parisienne (Sandra Milowanof).

Tourné en 1956, Les copains du dimanche, une commande de la CGT, est un film de propagande mais non une œuvre militante, précise Tangui Perron. Par-delà la ligne politique qu’il assume, à une époque où le syndicat évolue, ce film anticipe et exprime les futures mutations de la classe ouvrière. Film de militants sans être film militant, Les copains du dimanche, malgré son échec commercial, demeure une œuvre témoin.

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