×

PATRIMOINE

Tables rondes

Études et projections

Portraits et entretiens

Bretagne et cinéma

Films et séances

Avouons-le tout de suite : le cinéma est entré tardivement dans le champ des préoccupations syndicales. Il est vrai que cette industrie officiellement apparue en 1895, comme la CGT, revêtit longtemps un caractère artisanal et qu'elle embaucha d'abord relativement peu de monde, sur des sites essentiellement placés en région parisienne ou dans le sud de la France. Les gros bataillons du prolétariat, attirant en priorité l'attention des syndicats, se situaient dans les mines, les transports, la métallurgie, pas dans les studios de la porte de Montreuil ou d'Epinay. Tirer la pellicule, la colorer (aux pochoirs ou dans des bains de couleur), construire et peindre des décors nécessitait certes l'existence d'un « prolétariat du film », mais cette industrie peu demandeuse de main-d'oeuvre fut du reste longtemps précaire et saisonnière. (On tournait aux beaux jours, on embauchait le temps d'un film). Et l'on connaît par ailleurs le peu d'empressement des premiers syndicats à défendre sur le long terme la main-d'oeuvre féminine, abondante dans les laboratoires et les métiers de la pellicule.

Parce que Saint-Denis est une vieille terre industrielle, elle a attiré des travailleurs de partout, de Bretagne ou d’Espagne, de Kabylie ou du Mali. Il s’est trouvé de talentueux réalisateurs de la télévision (Jacques Krier, Maurice Failevic, Marcel Trillat, Gérard Chouchan…) pour évoquer leurs parcours avec humanité, par le documentaire ou, chose encore moins connue, la fiction. Ces rencontres se proposent d’être un voyage dans l’histoire prolétaire de Saint-Denis ainsi qu’un regard sur les meilleures créations de la télévision publique, il y a fort longtemps. Nous ne négligerons pas l’actualité pour autant.

 

Claude Dityvon  a eu une enfance provinciale en milieu populaire, voire (très) pauvre, dont on ne peut dire qu’elle fut particulièrement heureuse. De ses paysages et jeux enfantins (en particulier des parties de lance-pierres dans la campagne de La Rochelle), Dityvon garda néanmoins de chaleureux souvenirs qui, plus tard, enrichirent certaines de ses compositions photographiques (par exemple, celles du bidonville de La Campa).

 

Article aparu à L'Huma Dimanche, semaine du 14 au 19 mai 2009 (n°161)

1936/2006, anniversaire important et symbolique, 70 ans après, que reste-t-il de cette époque qui a permis, par des grèves sans précédent, d’obtenir des avancées majeures : les congés payés, les 40 heures, des conventions collectives, des délégués élus dans les entreprises et d’importantes augmentations de salaire. Période d’espoir dont le cinéma s’est largement inspiré, à des fins de création, de témoignage et aussi de propagande.

Photographie de l'équipe du film La Vie est à nous de Jean Renoir.

 

Photographies de la soirée du 6 mars 2009 au Ciné 104 de Pantin.

Certes, il est souvent absurde de débiter une vie en tranches mais, pas seulement parce que l’historien aime les périodisations, on ne peut nier que les parcours sociaux, professionnels et politiques renvoient, surtout à l’échelle d’une vie, à des périodes distinctes ou des temps différents qui sont aussi l’écho d’une époque donnée. Il en est ainsi de Marcel Trillat, fils de paysans, journaliste, réalisateur et ancien communiste (ou toujours communiste, on le verra par la suite).

 

Marcel TrillatPhoto de David Metra

HISTOIRE D'UN FILM, MEMOIRE D'UNE LUTTE #2
Un livre de Tangui Perron
Un film de Marcel Trillat et Frédéric Variot

 

Un peu plus tôt, un peu plus tard, pas forcément en même temps : cela paraît un pur hasard que les naissances « officielles » de la C.G.T. et du cinéma coïncident quasi exactement. La naissance de la confédération pourrait en effet être située en 1894 (congrès de Nantes) ou en 1902 (réunification des syndicats et de la Fédération de Bourses du travail), et celle du cinéma, mais sans doute avec moins de pertinence, se situerait en 1890, 1892 ou 1894 – soit respectivement : les travaux d’Etienne-Jules Marey, ceux d’Emile Reynaud et les découvertes d’Edison. Mais il faut bien des dates pour commémorer les anniversaires. Jean-Luc Godard a raison de dire qu’en fait, l’on fête l’exploitation du cinéma, la première séance payante, et non pas l’invention de la caméra, de la pellicule, ou même du spectacle cinématographique.

Pages