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PATRIMOINE

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Les Archives audiovisuelles du monde ouvrier et démocratique m’ont demandé d’intervenir sur « Audiovisuel et gauche qui change ». Il y a peut-être un problème de traduction car ce titre à la fois vaste et flou me laisse un peu perplexe. Mon propos va ici se borner à interroger, pour partie, les rapports du cinéma français contemporain à la politique, et, également, de comprendre pourquoi il y a un retour relatif des sujets sociaux et politiques au sein du documentaire et au sein des films de fiction alors que ce qu’on appelait naguère le « cinéma militant » - qui avait une quasi-exclusivité sur ces types de sujets – est en grande partie moribond.

Du mazout qui débarque sur le littoral breton ou qui l'épargne de justesse, des chalutiers que l'on brûle, que l'on casse ou que l'on coule, des arsenaux menacés, une gestion drastique et  bureaucratique des quotas et des zones de pêches, des pêcheurs mis en pré-retraite, des ports délocalisés, le déjà maigre effectif des dockers qui fond un peu plus... le bilan paraît bien amer pour la Bretagne des ports et des mers, même si l'engouement pour les vieux gréements, les régates et le flux touristique apportent de précieux subsides (en plus de certains déséquilibres).

Incontestablement, Jean Epstein, cinéaste parisien né à Varsovie (1896-1953), est l’un des plus grands cinéastes français. C’est aussi l’un des artistes qui sut le mieux peindre la Bretagne, et c’est là que son talent pu s’épanouir pleinement. Après avoir été l’un des phares de l’avant-garde française, il opta en effet, en 1929, pour une rupture franche et solitaire, en quittant la capitale et les studios, pour la Bretagne, ses îles, et l’océan.

A priori, beaucoup de choses pourraient rapprocher 20 ans à Molène, jamais molénais et La peau trouée : il s'agit en effet de deux premiers films, deux documentaires autoproduits centrés sur des (un) homme(s) perdus(s) au milieu de la mer, tous les deux sortis et remarqués durant l'été 2004. Pourtant, il y a loin entre un secrétaire de mairie bavard (20 ans à Molène, jamais molénais) et des pécheurs de requins "taiseux" (La peau trouée). Surtout, le traitement et le regard de ces deux films sont radicalement différents.

La filmographie sur la Bretagne est si riche et si diverse que l'on peut, à partir d'elle, bâtir une Bretagne sans stéréotypes : une Bretagne sans fadaises ni paimpolaise, sans Bécassine ni "bignouserie" aucune, une Bretagne, au contraire, du labeur, -révoltée ou aliénée mais authentique.

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