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Si l’on sait (un peu trop) que le cinéma français ne fut guère historique et politique (entre autres pour des raisons de censure), il faut néanmoins préciser que cette affirmation (a-historique) est de surcroît restrictive. « Le cinéma» ne se résume pas aux seuls longs métrages de fiction. Prendre celui-ci dans sa totalité – c’est-à-dire en y intégrant les films d’actualité, les documentaires ou « le cinéma militant » - permet en effet de nuancer fortement cette première affirmation – si ce n’est de la contredire. A ce titre, la guerre d’Espagne est un exemple patent.

Deux jours, une nuit  (2014) de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Depuis La Promesse (1996), Jean-Pierre et Luc Dardenne conçoivent et préparent leurs films selon la même méthode, les réalisent avec la même équipe technique, au sein d’un territoire unique (Seraing et ses alentours, en Belgique). Nulle impression de répétition cependant, mais plutôt la certitude que les frères cinéastes creusent un seul sillon, approfondi à chaque film, tant leur matière est riche.

Livres :

Brahim BENAICHA, Vivre au paradis, éd Desclée de Brouwer, 1992, 304 p. (Récit autobiographique)

Marie-Claude BLANC-CHALEARD, En finir avec les bidonvilles. Immigration et politique du logement dans la France des trente glorieuses, Publications de la Sorbonne/Histoire contemporaine, 2016, 464 p.

COLLECTIF, Considérant qu'il est plausible que de tels évènements puissent à nouveau survenir. Sur l'art municipal de détruire une bidonville, Post-éditions, 2014, 320 p.

Projet au long cours, Le Fond de l’air est rouge est décrit par Chris Marker comme « un film de montage concernant les sept dernières années, et particulièrement sous l’angle des modulations et métamorphoses du thème révolutionnaire dans le monde actuel». Le terme « actuel » est à prendre ici littéralement puisque le film fait l’objet de nombreuses versions, de sa sortie en 1978 jusqu’à son édition DVD en 2008. L’existence des versions successives de Le Fond de l’air est rouge est bien connue des exégètes de Chris Marker et il est peu de monographies et d’articles sur le cinéaste ou sur le film qui ne fassent mention, pour reprendre certains termes employés, du travail d’ « actualisation », d’ « adaptation », de « retouche », de « réagencement », de « reprise » ou de « révision » … Toutefois, en revenant sur l’analyse des différentes versions, il nous semble possible d’appréhender les positions politiques d’un auteur qui toujours revendiqua un recul certain et une certaine hauteur mais dont les évolutions sont forcément liées aux bouleversements historiques et aux changements idéologiques dont il était le contemporain.

Photogramme du "Dos au mur", de Jean-Pierre Thorn. Chris Marker au fond, à droite, caché par son appareil photo. 

 

Né le 29 juillet 1921 à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 29 juillet 2012 à Paris (XXe arr.) ; militant de l’éducation populaire ; réalisateur, photographe, écrivain, résistant.

«Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme». Cette si célèbre introduction du Manifeste du parti communiste écrit en 1847 par Karl Marx et Friedrich Engels semble aujourd’hui caduque. Nous serions plutôt aujourd’hui face à un trou, un vide - vertigineux.  Ce vide est peut-être aussi un manque et le fantôme d’un fantôme, encombrant, qui n’en finirait pas de grandir - tel le fantôme d’Hamlet  évoqué par Derrida dans Spectres de Marx (1993).

 

Au sein d’une thèse définitivement inachevée mais pas forcément enterrée, nous écrivions il y a quelques années, à propos de la classique question de la représentation de la guerre d’Espagne par le cinéma du Front populaire (français), qu’en fait, pour ne pas rentrer bredouille, il fallait ausculter les films de propagande réalisés ou seulement distribués (mais souvent remontés) par les organisations du Front populaire – et non pas les longs-métrages de fiction diffusés commercialement durant cette période. Dans ce cas uniquement, la pêche pouvait se révéler particulièrement fructueuse. Nous précisions également que sur les vingt-quatre films produits ou distribués par le PCF et la CGT durant le Front populaire, alors visibles ou en voie de restauration, huit étaient entièrement consacrées à la guerre d'Espagne et onze l'évoquaient de manière fugace ou, au contraire, de manière importante

 

C’était un temps déraisonnable. Mais plus politique. On va mettre Marker à table, et remettre le couvert – fourchettes, couteaux, faucilles et marteaux. Comme avec Godard et les godardiens, le problème avec Marker pourrait bien être certains markeriens.

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