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PATRIMOINE

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Livres :

Brahim BENAICHA, Vivre au paradis, éd Desclée de Brouwer, 1992, 304 p. (Récit autobiographique)

Marie-Claude BLANC-CHALEARD, En finir avec les bidonvilles. Immigration et politique du logement dans la France des trente glorieuses, Publications de la Sorbonne/Histoire contemporaine, 2016, 464 p.

COLLECTIF, Considérant qu'il est plausible que de tels évènements puissent à nouveau survenir. Sur l'art municipal de détruire une bidonville, Post-éditions, 2014, 320 p.

Projet au long cours, Le Fond de l’air est rouge est décrit par Chris Marker comme « un film de montage concernant les sept dernières années, et particulièrement sous l’angle des modulations et métamorphoses du thème révolutionnaire dans le monde actuel». Le terme « actuel » est à prendre ici littéralement puisque le film fait l’objet de nombreuses versions, de sa sortie en 1978 jusqu’à son édition DVD en 2008. L’existence des versions successives de Le Fond de l’air est rouge est bien connue des exégètes de Chris Marker et il est peu de monographies et d’articles sur le cinéaste ou sur le film qui ne fassent mention, pour reprendre certains termes employés, du travail d’ « actualisation », d’ « adaptation », de « retouche », de « réagencement », de « reprise » ou de « révision » … Toutefois, en revenant sur l’analyse des différentes versions, il nous semble possible d’appréhender les positions politiques d’un auteur qui toujours revendiqua un recul certain et une certaine hauteur mais dont les évolutions sont forcément liées aux bouleversements historiques et aux changements idéologiques dont il était le contemporain.

Photogramme du "Dos au mur", de Jean-Pierre Thorn. Chris Marker au fond, à droite, caché par son appareil photo. 

 

Né le 29 juillet 1921 à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 29 juillet 2012 à Paris (XXe arr.) ; militant de l’éducation populaire ; réalisateur, photographe, écrivain, résistant.

«Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme». Cette si célèbre introduction du Manifeste du parti communiste écrit en 1847 par Karl Marx et Friedrich Engels semble aujourd’hui caduque. Nous serions plutôt aujourd’hui face à un trou, un vide - vertigineux.  Ce vide est peut-être aussi un manque et le fantôme d’un fantôme, encombrant, qui n’en finirait pas de grandir - tel le fantôme d’Hamlet  évoqué par Derrida dans Spectres de Marx (1993).

 

Au sein d’une thèse définitivement inachevée mais pas forcément enterrée, nous écrivions il y a quelques années, à propos de la classique question de la représentation de la guerre d’Espagne par le cinéma du Front populaire (français), qu’en fait, pour ne pas rentrer bredouille, il fallait ausculter les films de propagande réalisés ou seulement distribués (mais souvent remontés) par les organisations du Front populaire – et non pas les longs-métrages de fiction diffusés commercialement durant cette période. Dans ce cas uniquement, la pêche pouvait se révéler particulièrement fructueuse. Nous précisions également que sur les vingt-quatre films produits ou distribués par le PCF et la CGT durant le Front populaire, alors visibles ou en voie de restauration, huit étaient entièrement consacrées à la guerre d'Espagne et onze l'évoquaient de manière fugace ou, au contraire, de manière importante

 

C’était un temps déraisonnable. Mais plus politique. On va mettre Marker à table, et remettre le couvert – fourchettes, couteaux, faucilles et marteaux. Comme avec Godard et les godardiens, le problème avec Marker pourrait bien être certains markeriens.

À la fin de son ultime roman, Le témoin oculaire, Ernst Weiss décrit son héros et narrateur s’arrêtant boulevard de la Madeleine à Paris pour observer une vitrine qui, par des photos agrandies et des messages lumineux, livre les dernières informations sur la situation militaire en Espagne. Une photo retient particulièrement son attention, celle d’un «pauvre enfant de quatre ou cinq ans, qui avait été écrasé par une bombe et gisait, déchiqueté, dans son sang».

Peu de temps après ce choc visuel, le narrateur s’engage dans les rangs des républicains espagnols.

Sans doute y a-t-il un « cinéma des îles » - tant dans le documentaire que dans la fiction – et ce cinéma des îles est majoritairement un cinéma de l’enfermement. L’île y est rarement le lieu de l’utopie – qui peut rapidement, de surcroît, se transformer en cauchemar.

 

Yann Le Masson, né à Brest en 1930, ne s’appelle pas Yann et il n’est peut-être pas tout à fait lui-même. C’est par cette vérité et cette boutade un peu macabre – vous verrez pourquoi- que Yann Le Masson aime parfois à se présenter. Fervent nationaliste, le père du cinéaste voulait à tout prix donner un prénom breton à son fils. L’officier civil refusa – à cette époque on ne badinait pas avec la norme jacobino-républicaine -  et il imposa la traduction française : sur ses papiers officiels Yann se prénomme Jean. Chez les Le Masson il était interdit de parler français à table.

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