×

Nouveau cinéma militant

La mobilisation contre le CPE (Contrat Première Embauche) dont le point culminant fut atteint au printemps 2006, a engendré chez les étudiants des pratiques cinématographiques visant dans un premier temps à rendre compte de la lutte, à l’encourager ou à l’organiser. Ces films qui circulent aujourd’hui, distribués par des réseaux militants ou indépendants, nous apportent des regards variés sur l’éclosion et la fin de ce mouvement, et une matière à réflexion pour alimenter d’autres luttes.

"De quelques combats du jeune cinéma français"

  
Où l'on entr'apercevra que les jeunes cinéastes français, qui n'ont généralement pas connu un passé souvent considéré comme révolu, et qui sont peu disposés à s'en réclamer, participèrent à leur manière à un relatif renouvellement du militantisme.

Interview de Tangui Perron réalisée par le journal municipal de Pantin pour la programmation du 25 avril 2003 au Ciné 104.

Les liens entre le cinéma militant et le film court semblent placés, a priori, sous le signe de l'évidence. Court par nécessité (économique), le cinéma militant l'est parfois par souci d'efficacité (politique). Cinéma de l'urgence et de la précarité, voire de la clandestinité, le cinéma militant fut également, dans la plupart des cas et pendant longtemps, un cinéma de la commande. Mais, parce que les mots militant et militaire ont la même racine, parce qu'il y eut au cours du XXème siècle tant d'espoirs politiques déçus, souvent tragiquement, un voile pudique semble avoir recouvert toute une production cinématographique, fort diverse, qualifiée de "militante".

Les Archives audiovisuelles du monde ouvrier et démocratique m’ont demandé d’intervenir sur « Audiovisuel et gauche qui change ». Il y a peut-être un problème de traduction car ce titre à la fois vaste et flou me laisse un peu perplexe. Mon propos va ici se borner à interroger, pour partie, les rapports du cinéma français contemporain à la politique, et, également, de comprendre pourquoi il y a un retour relatif des sujets sociaux et politiques au sein du documentaire et au sein des films de fiction alors que ce qu’on appelait naguère le « cinéma militant » - qui avait une quasi-exclusivité sur ces types de sujets – est en grande partie moribond.