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Syndicalisme américain

CORDILLOT Michel, Révolutionnaires du Nouveau Monde, Une bève histoire du mouvement socialiste francophone aux Etats-Unis (1885-1922), Lux Editeurs, 2009. 

EVANGELISTI Valerio, Nous ne sommes rien soyons tout !, Rivages noir, 2010, 528 p. (Roman)

FANTASIA Rick et VOSS Kim, Les syndicats domestiqués, Répression patronale et résistance syndicale aux Etats-Unis, Raison d'agir Editions, 2003. 

GUERIN Daniel, Le Mouvement ouvrier aux Etats-Unis de 1866 à nos jours, Petite collection maspero, 1977. 

Dans le cadre du festival Résonances, projection de Joe Hill du réalisateur américano-suédois Bo Widerberg sorti en 1971. La séance fut suivie d'un débat animé par Tangui Perron.

jeudi 19 novembre 2015 à 20h30
au Magic Cinema
Rue du Chemin Vert, 93000 Bobigny
M°5 ou T1 - Bobigny Pablo Picasso

Documentaire couleur (2014) de Jean-Loïc Porton et Gabriella Kessler
Comme un écho lointain, arty et esthétisant, de l’obscène émission animée par Yves Montand Vive la crise (1984), une publicité pour les jeans Levi’s, tournée dans la ville de Braddock (Pennsylvannie), ancien haut lieu de la sidérurgie et la culture ouvrière américaines, affirme, par une suave voix off, que «peut-être que le monde se brise délibérément pour nous donner du travail» et que les gens ne voient pas les opportunités qui nous entourent»… Nul sarcasme, sans doute, de la part des auteurs contre cette publicité scandaleuse qui voit le capitalisme se nourrir des friches qu’il a créées. Si le regard sur cette réalité post-industrielle est certainement politique, le style et le ton sont posés, évitant la harangue et l’agit prop’.

Que l'on nous permette d'abord un simple constat : la critique, en général, n'a pas été à la hauteur de l'événement qu'à constitué l'arrivée sur les écrans français de Native Land, cinquante-six ans après sa discrète sortie, là aussi, aux Etats-Unis. Dans les deux cas, c'est sans doute le contexte historique qui a nui à la reconnaissance et à la diffusion de l'oeuvre d'un des plus grands photographes américains, Paul Strand, et de Léo Hurwitz, cinéaste. En 1942, dénoncer un complot fasciste intérieur alors que l'heure est à la mobilisation générale contre l'Allemagne, était forcément se placer à contre-courant. Voir plus d'un demi-siècle plus tard - après la chute du Mur de Berlin pour être précis - un documentaire qui est à la fois une oeuvre de propagande et un chef-d'oeuvre du cinéma, un film crypto-communiste et un film très américain, est presque une faute de goût ; ce n'est pas en tout cas "moderne" et c'est en plus compliqué pour tous ceux qui ont fini par croire à la fin de l'histoire, à la fin du politique, et qui ont tracé définitivement aussi, presque avec soulagement, un trait d'égalité entre communisme et stalinisme. Effectivement, Native Land, comme tout film de propagande - et peut-être comme tout film ? - est "daté".

 

Article inédit.