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MOCKUMENTAIRE le détournement comme geste artistique

RÉSIDENCE TERRITORIALE ARTISTIQUE ET CULTURELLE EN MILIEU SCOLAIRE

"MOCKUMENTAIRE le détournement comme geste artistique"

avec Caroline CAPELLE et Ombline LEY (cinéastes)

dans le groupe scolaire (collège/lycée) Henri Wallon à Aubervilliers et au lycée Jean Jaurès à Montreuil

Cette résidence est proposée par Périphérie grâce au soutien de la DRAC (DIrection régionale des affaires culturelles d'Île-de-France).

Une classe de 3ème, trois classes de 2nde et un groupe classe de Première Option "Cinéma"

Caroline Capelle et Ombline Ley souhaitent, dans le cadre de cette résidence artistique, donner les moyens aux élèves et à leurs professeurs d’imaginer et de réaliser un film documentaire sur le mode du jeu artistique et sous la forme d’un « docu-menteur », d’un « Mockumentaire » comme l’ont nommé les deux cinéastes. Permettre ainsi aux élèves et à leurs professeurs de prendre une distance critique, poétique, sociale avec le monde de la fabrication des images d’aujourd’hui. Utiliser le détournement comme outil qui favorise la réflexion et le décryptage des images et des sons. Interroger leur mode de diffusion, questionner leurs intentionnalités et être capable d’en jouer pour accomplir un geste créatif.

Les collégiens et les lycéens seront sensibilisés aux différents codes du documentaire et aux multiples formes existantes à travers l’analyse de films. Ils aborderont l’étude de formes filmiques brouillant les pistes entre «vérité, vraisemblance, mensonge et détournement». Ce travail d'analyse se fera sous la forme de projections de films suivies d'un quizz "Vrai ou Faux ?".

Ce parcours proposera aux élèves de s’interroger sur le « vrai » et le « faux » et sur la porosité entre ces deux notions. Aucune prise de vue ne saurait à elle seule prouver un quelconque événement, mais elle montre quelque chose du monde à un certain moment en fonction de qui a pris les images et de qui les regarde. Il est donc important d’apprendre à lire les images, à s’interroger sur leur sens et comment elles « sont perçues » par le spectateur. En fin de compte le mensonge est-il plus révélateur que la vérité ? Faut-il prêcher le faux pour s’approcher du vrai ?

C’est en s’appuyant sur ces réflexions que les cinéastes proposeront aux élèves d’analyser et de questionner différentes propositions artistiques qui utilisent le détournement et le jeu comme terrain de réflexion.

Cette pédagogie par l’image et par la pratique développe le sens critique et interroge le type d’information que les élèves d’aujourd’hui reçoivent en permanence à travers les réseaux sociaux. Le mode de transmission imaginé par les deux cinéastes, qui met en avant l’humour, l’imagination nous semble une bonne manière d’aborder ces questions.

La résidence s’amorce par une période d’initiation, de réflexion et d’écriture, en lien étroit avec le travail des deux cinéastes dont le dernier film « Dans la terrible jungle » vient d’être projeté à Cannes par l’Acid, l’association des cinémas indépendants.

Le thème du vrai et du faux est au cœur de toutes les pratiques proposées aux élèves. Des exercices sont mis en place parallèlement à l’initiation et aux visionnages d’extraits proposés par les deux cinéastes. Chaque classe écrira son propre « docu-menteur » sonore en utilisant les codes du reportage radio (jingle, envoyé spécial, témoignages sur le vif…).

Tout est scrupuleusement écrit et imaginé avant de passer à la phase de l’enregistrement. On doit donner l’impression d’être dans un reportage de terrain où la forme participe à rendre le « documentaire sonore » le plus vraisemblable possible. Dans un second temps chaque classe s’attèle à l’écriture d’un projet de film court ayant comme sujet leur établissement scolaire. Des ateliers d’écriture et de réflexion sont mis en place pour permettre  aux élèves de développer leurs idées et de faire travailler leur imagination. L’objectif est d’aboutir à la réalisation de « Mockumentaires » ou « docus-menteurs » qui détournent les codes d’une réalisation documentaire classique. Ces films courts se tournent sur place et utilisent les lieux comme des décors. L’objectif est d’apporter un regard décalé et de faire une proposition artistique singulière qui interroge le futur spectateur sur la véracité du sujet.

La rencontre avec des personnes évoluant dans le champ du cinéma et la découverte de pratiques professionnelles multiples représentent deux axes forts de ce projet : cinéaste, monteur, programmateur, technicien image et son…

Photographies : Antoine Vaton