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Bobigny

Incontestablement, Jean Epstein, cinéaste parisien né à Varsovie (1896-1953), est l’un des plus grands cinéastes français. C’est aussi l’un des artistes qui sut le mieux peindre la Bretagne, et c’est là que son talent pu s’épanouir pleinement. Après avoir été l’un des phares de l’avant-garde française, il opta en effet, en 1929, pour une rupture franche et solitaire, en quittant la capitale et les studios, pour la Bretagne, ses îles, et l’océan.

A priori, beaucoup de choses pourraient rapprocher 20 ans à Molène, jamais molénais et La peau trouée : il s'agit en effet de deux premiers films, deux documentaires autoproduits centrés sur des (un) homme(s) perdus(s) au milieu de la mer, tous les deux sortis et remarqués durant l'été 2004. Pourtant, il y a loin entre un secrétaire de mairie bavard (20 ans à Molène, jamais molénais) et des pécheurs de requins "taiseux" (La peau trouée). Surtout, le traitement et le regard de ces deux films sont radicalement différents.

La filmographie sur la Bretagne est si riche et si diverse que l'on peut, à partir d'elle, bâtir une Bretagne sans stéréotypes : une Bretagne sans fadaises ni paimpolaise, sans Bécassine ni "bignouserie" aucune, une Bretagne, au contraire, du labeur, -révoltée ou aliénée mais authentique.

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