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Du récit personnel à la mémoire collective

Du récit personnel du passé à la mémoire collective : Paulette Sarcey-Slifke

Paulette Sarcey-Slifke, figure de témoin, d'héroïne et passeuse de mémoire.

Dans le cadre d'un Projet Artistique et Culturel en Territoire Educatif mené avec le collège Guy Môquet à Gennevilliers, Périphérie mène un atelier autour de la projection de la totalité des rushes du témoignage de Paulette Sarcey-Slifke (issus du tournage du film "Cité de la Muette" de Jean-Patrick Lebel*) à des élèves de troisième. 2h45 d'entretiens où Paulette Sarcey-Slifke, résistante et déportée à Auschwitz, parle de son enfance, témoigne et livre ses souvenirs de jeune résistante, son arrestation en 1942, son internement au camp de Drancy et sa déportation à Auschwitz où elle décrit l'enfer, jusqu'à son retour des camps.

Il s'agit à travers cet atelier de travailler sur l'entretien filmé utilisé comme outil de réflexion, sur l'importance du témoignage d'un point de vue historique, cinématographique mais aussi citoyen. Questionner l'archive audiovisuelle par rapport à l'archive écrite (différence de statut) et le croisement des sources. De quelle manière un témoignage éclaire un événement historique ? Questionner la réappropriation d'une archive comme cet entretien aujourd'hui par des collégien.nes ?

Ils seront sensibilisés au cinéma documentaire et à la façon dont il questionne le rapport images/témoignages, passé/présent mais aussi les différentes approches de recueil de la parole.

Les élèves exploreront les liens entre histoire et cinéma, comment les cinéastes abordent la question mémorielle, comment ils contribuent à nourrir la recherche historique, de quelle manière ils appréhendent les histoires du passé et participent à la réécriture de certains récits nationaux.

Cet atelier permettra aux élèves d'apprendre à lire les images, à s'interroger sur leur sens et comment elles sont données à voir au spectateur. Par exemple, qu'est-ce qui distingue une interview journalistique de reportage d'un entretien issu d'un film documentaire. Le rapport à la durée, au montage de la parole, les conditions dans lesquelles celle-ci est recueillie, le rapport filmeur/filmé.... Quelle valeur a une parole filmée ? Quel dispositif cinématographique est mis en place pour recueillir cette parole ?

Ce parcours proposera aux élèves de s'interroger sur ces questions, de développer un point de vue critique sur l'image mais aussi sur l'écoute, notamment grâce à des dispositis d'échanges, de lectures et de recueil de leur parole. Les trois professeures d'Histoire-Géographie du collège qui mènent le projet avec Périphérie, ont également emmené leurs élèves au Mémorial de la Shoah à Drancy.

 

Professeures :

Délia Toumi, Marie-Hélène Lleu et Lucile Abadie

Intervenants :

Julien Pornet (monteur) et Antoine Vaton (réalisateur)

Tangui Perron, historien du cinéma

avec l'aide de Corentin Loterie

Partenaire :

Espace Nelson Mandela à Gennevilliers

* Ce film évoque l'histoire du camp de Drancy, principal centre d'internement des juifs français et étrangers avant leur extermination en Europe de l'Est durant la Seconde Guerre mondiale. Réalisé par Jean-Patrick Lebel (1942-2012), ce premier documentaire consacré au camp de Drancy ausculte les lieux de l'internement, exhume des archives et, surtout, donne à voir et à entendre de nombreux témoins, encore jeunes, dont la plupart livrent leur expérience pour la première fois devant une caméra.