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21èmes Rencontres : Féminin - Masculin

 


Les 21èmes Rencontres du cinéma documentaire

Ses ont déroulées du 6 au 16 octobre 2016

au Cinéma Le Méliès à Montreuil

 

Le programme des 21èmes Rencontres

 

Edito

Un jeune ami travesti avec qui je discutais cet été me disait que depuis l’enfance il se sentait trop serré dans son corps de garçon, comprimé, enserré dans une sorte de coque. Je ne peux m’empêcher de relier ces paroles au rêve que raconte Thérèse Clerc dans le film de Sébastien Lifschitz, Les Vies de Thérèse : « Je faisais de la spéléologie et j’arrivais à un moment dans une espèce de chatière qui était trop étroite pour mes épaules, et je ne pouvais pas passer, et là je me mettais à crier… ». C’est bien ce sentiment commun d’être rétrécis, étranglés par les assignations du féminin et du masculin que propose cette année la très riche programmation des Rencontres. On y rencontre des personnages qui combattent, se débattent, provoquent, rient, pleurent, réfléchissent ou crient, cherchant toutes et tous de l’air et de l’espace pour gagner le droit d’être et de vivre au-delà des rôles attribués par les sociétés patriarcales. Nous sommes conviés à jouer avec eux de la normalité, à nous jouer des codes et des apparences, à déceler des impostures. Nous allons partager de multiples explosions de ces codes, festives ou tragiques, intimes ou collectives, qui toutes fracturent, fissurent ou décalent les conformismes. Tels les mouvements de libération des femmes et des sexualités - qui ont su conjuguer combat et engagement avec imagination, détournement et poésie - le cinéma s’en trouve lui aussi bouleversé. Les désirs d’affirmation et de liberté qui traversent tous les films font littéralement exploser le cadre et les modes de récit, bousculant les codes (ils existent aussi !) du cinéma documentaire. Je remercie l’équipe des Rencontres de nous avoir concocté à travers le monde, les époques et les styles, une programmation qui nous invite à penser, ravive nos révoltes, nous rend joyeux et fait que nous nous sentions vivants. « J’ignorais que j’avais une opinion et que c’était permis », dit une femme dans Domestic Violence de Frederick Wiseman. En ces temps moroses, je vous souhaite de profiter pleinement de cette fête cinématographique de la liberté d’être. Soyons ensemble les « commis voyageurs » de ces droits chèrement acquis pour ne plus vivre à l’étroit, et encore si nombreux à conquérir. Laissons sourdre toutes nos fantaisies durant ces Rencontres ! Chantal Richard, Cinéaste, présidente de Périphérie

La thématique : Féminin - Masculin

Un sujet, pour cette fois, plutôt qu’une thématique cinématographique comme nous en avons l’habitude. Mais quel sujet… Au tiret entre les deux termes, quelle signification donner : et, contre, avec, ou bien ? En vrac : tiraillement étrange et inquiétant, oppression et méconnaissance, fantasme et désir, curiosité et tabou… Et puis l’ordre des termes, inhabituel. Une orientation à coup sûr, le désir de renverser les états donnés, de privilégier les films qui cherchent à dépasser les apparences et les clichés... Peut-être commencer par le(s) début(s). Dans le film qui lui est consacré, Françoise Héritier, réflexion lumineuse et ton malicieux, expose les articulations à l’origine de la domination du masculin sur le féminin. Le cinéaste Patric Jean restitue cette parole de l’anthropologue de la manière la plus simple, la plus directe qui soit, pour réaliser un  précieux « film d’écoute ».  Comprendre d’où vient cette idée de l’infériorité des femmes assure qu’il est possible de la « dissoudre ». Savoir qu’elle est universelle et aussi ancienne que la pensée elle-même (200.000 ans au bas mot) fait mesurer l’immensité du chemin à parcourir. Là-dessus, nous voilà fixés. Disons que nous sommes, tous, sur ce chemin. Qu’il n’est pas rectiligne, loin s’en faut, que certaines de ces bifurcations se terminent en impasses et que quelques-unes de ces parties ne sont qu’apparemment bien bitumées, parsemées d’obstacles, voire de nid de poules… Qu’il n’est pas rare de nous retrouver roulant en marche arrière. La métaphore automobile vient assez naturellement car il y a un grand nombre de voitures dans les films de cette édition. C’est la « belle américaine » de No Sex Last Night que jalouse obsessionnellement Sophie Calle. Attribut masculin au premier abord, la voiture se charge ici et là de bien d’autres significations. Il y a celle, devenue culte, de Ten d’Abbas Kiarostami que conduit dans le film Mania Akbari. Et le volant, que dans son propre film Ten + 4, elle se voit contrainte de laisser, affaiblie par la maladie. L’habitacle y est une bulle protectrice où l’intime peut se dire, les disputes et les affections s’épancher, les corps se rapprocher à la fois dans et à l’abri d’un espace public régenté par un état répressif. Sur l’autoroute du Nord, la voiture d’une virée nocturne des garçons de Vers la tendresse d’Alice Diop accueille également des propos qui bouleversent le cœur. Voilà, nous y sommes, les véhicules ont rempli leur office et nous pouvons continuer la route. A l’écoute de l’autre, de ses tourments et de ses désirs. Chaque cinéaste s’y attache et plus rien ne nous laisse indifférent. Car comment le demeurer quand s’expriment avec autant de force les contradictions dans lesquelles nous nous débattons. Ce qui surgit alors ce sont les insondables et innombrables surprises du réel. Celles des corps qui se transforment, qui se montrent, se cherchent et se touchent. Du mystère de l’autre qui se dit. Des désirs si forts qu’ils font éclater les idées préconçues, les destins écrits d’avance, les frontières du raisonnable… D’un préambule de questions, nous voilà jetés en plein maelström d’émotions… un peu comme dans l’amour, peut-être ? Corinne Bopp - Déléguée générale des Rencontres

La bande-annonce

 

Les invités

 Mania Akbari (Iran)

Artiste plasticienne et cinéaste de l’identité féminine, Mania Akbari s’est fait connaître en tant qu’interprète de Ten d’Abbas Kiarostami (film au programme). Elle a réalisé plusieurs films dont nous montrerons 20 fingers (2004), 10+4 (2007) et le film d’ouverture Life May Be (2012).

 Barbara Hammer (Etats-Unis)

Pionnière du cinéma queer, joyeuse briseuse de tabous, infatigable expérimentatrice formelle, elle a réalisé plus de 80 films au cours des 40 dernières années. Nous montrerons un corpus de 11 films courts répartis en plusieurs séances.

Parcours de producteur

Productrice à Zadig productions, Félicie Roblin nous a fait l'honneur de venir nous raconter son parcours et de nous parler des films qu'elle a produit, extraits à l'appui. 

Avant-premières

3 avant-premières - portraits de femmes extraordinaires

Sonita de Rokhsareh Ghaem Maghami - en sa présence - sortie le 12 octobre 2016 (dist. Septième Factory) - Sundance 2016

Dernières nouvelles de cosmos de Julie Bertuccelli - en sa présence - sortie le 9 novembre (dist. Pyramide)

Madame B, femme Nord-Coréenne de Jero Yun - en présence du producteur - sortie en 2017 (dist. New Story) - sélection ACID Cannes 2016

Séances spéciales

Une soirée spéciale s'est déroulée autour de Thérèse Clerc l’une des grandes figures mondiales du militantisme féminin avec la projection de Les Invisibles et Les Vies de Thérèse en présence de Sébastien Lifshitz - en association avec la Maison des Femmes de Montreuil

Une soirée spéciale ARTE RADIO en partenariat avec ARTE Actions Culturelles en présence de Sylvain GIRE, Directeur d'ARTE Radio.

Nouveauté 2016: le Prix du Public

Dernières nouvelles du cosmos de Julie Bertuccelli a remporté le Prix du Public ! Hélène et sa mère nous ont fait le plaisir de nous rejoindre pour la soirée. Bravo à toute l'équipe du film... et grand succès pour la sortie le 9 novembre 2016 ! 

Le StudioMobile - En partenariat avec ARTE RADIO. Vous souvenez-vous de la première fois où vous vous êtes aperçu(e) que vous étiez un garçon ou une fille?

Dialogue musical - En partenariat avec le FIDÉ et le Conservatoire à rayonnement départemental de Montreuil

Expo "Femmes en métier d'hommes- En partenariat avec le Musée d'Histoire vivante de Montreuil

Des partenaires à nos côtés

Une carte blanche au Festival de Films de Femmes de Créteil - FIFF

École des Beaux-Arts de Paris, Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir, Festival International de Films de Femmes de Créteil, FIDÉ, Conservatoire de Montreuil, Musée de l’Histoire vivante de Montreuil, Causette, ARTE Radio...

 

Consultez le catalogue des Rencontres


 

Rencontres du cinéma documentaire 2016 from Périphérie on Vimeo.

Suivez toute l'actualité du festival sur Facebook : www.facebook.com/lesrencontresducinemadoc

 


Programmation : Corinne Bopp / Coordination : Marianne Geslin

Attaché de presse : Jean-Charles Canu


Au Cinéma Georges Méliès // 12 place Jean Jaurès // 93100 Montreuil // M°9 Mairie de Montreuil Situer sur le plan