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3ème édition : Finistère et Tempestaire

Finistère et Tempestaire ou la Bretagne filmée par Jean Epstein

Accompagnement à la harpe par Lucie Marical

Incontestablement, Jean Epstein, cinéaste parisien né à Varsovie (1896-1953), est l’un des plus grands cinéastes français. C’est aussi l’un des artistes qui sut le mieux peindre la Bretagne, et c’est là que son talent pu s’épanouir pleinement. Après avoir été l’un des phares de l’avant-garde française, il opta en effet, en 1929, pour une rupture franche et solitaire, en quittant la capitale et les studios, pour la Bretagne, ses îles, et l’océan. De la découverte des îles de Banec, Balanec et Ouessant et de la rencontre avec leurs habitants - de « simples » goëmoniers -naquit une œuvre superbe, Finis Terrae, fabuleux poème visuel, hymne aux vagues et à l’espace.

Finis Terrae est le premier volet du triptyque breton de Jean Epstein, le cinéaste (et théoricien du cinéma) tournant par la suite Mor Vran (1931) sur l’île de Sein, et L'or des mers (1933) à Hoëdic. Ces îles du Ponant furent encore pour lui l’occasion de donner toute la mesure de son art. Ebranlé par la venue du parlant et contraint -par nécessité de réaliser des œuvres plus conventionnelles (à nouveau au sein des studios), Jean Epstein n’en continua pas moins de chercher l’inspiration au contact de la nature et de ses paysages, des hommes et de leur travail, si ce n’est de leurs espoirs. Sous le Front Populaire, Jean Epstein réalisa ansi un film pour la Fédération CGT de la construction (L’Or des mers, Les Bâtisseurs). Contraint à l’inactivité durant la Seconde guerre mondiale (où il n’échappa que de peu à la déportation), Jean Epstein retrouva par la suite les rivages de la Bretagne et le chemin des mers. Il achève en effet son cycle breton avec Le Tempestaire (1947), entièrement tourné à Belle-Ile-en-mer…

« Pour Jean Epstein, le cinéma, art du mouvement, est proche du rêve ».

Tangui Perron

Filmographie :

Finis Terrae (1929) de Jean Epstein

Le Tempestaire (1947) de Jean Epstein