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CGT et cinéma

Séance Solidarateau 
samedi 19 septembre 2020
à 19h au cinéma L'Étoile de La Courneuve

Retour sur le 5 juin 1977, Pierre Maître est abattu par un commando de la CFT...

Un article de Tangui Perron paru dans l'Humanité Dimanche 565.

Il y a quarante ans, le meurtre d’un militant CGT par les nervis du patronat rémois va prendre une ampleur nationale et faire éclater au grand jour les méthodes des dirigeants de l’industrie automobiles dénoncées par le mouvement ouvrier. Car, pour briser les grèves et contrer la CGT dans un climat politique et social tendu, ils ont fait croître en leur sein, avec l’appui de la droite, des syndicats « jaunes », véritables milices aux procédés mafieux.

A l'occasion du 70e Festival de Cannes

Frédérique Bredin, Présidente du CNC, et Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes, ont le plaisir de vous convier à la table ronde 

46, l'année fondatrice

mercredi 24 mai 2017 de 14h30 à 16h00

animée par Tangui Perron, historien et chargé du patrimoine à Périphérie

A l'occasion du Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand 2012, réécoutez l'émission radiophonique organisée par RFI - Radio France Internationale.

Ecoutez l'émission de RFI - Court d'Histoire : "La Grande Lutte des mineurs - 1948" CGT & cinéma

Avec Tangui Perron, historien du cinéma et Georges Bollon, membre fondateur du Festival à l'initiative de Court d'Histoire et de nombreux extraits de la bande son des films.

La Marseillese de Jean Renoir analysé par Tangui Perron lors des cours de cinéma organisés par le Forum des Images.

Si, en décembre 1978, l’annonce de la suppression de plus de 20 000 emplois de sidérurgistes, dont 6500 rien qu’à Longwy, est perçue par les travailleurs et les populations concernées comme un véritable coup de tonnerre, celui-ci n’éclate pas dans un ciel serein. Entre août 1978 et août 1979, le chômage augment de 11% pour atteindre le chiffre inégalé de 1,735 millions de chômeurs dans toute la France. Des pans entiers de l’industrie (souvent bastion du syndicalisme) sont victimes de plans de restructurations : machine-outil et métallurgie, textile-habillement, bâtiment, Livre et imprimerie… Entre 1971 et 1975, 21 hauts-fourneaux ont déjà été supprimés ; de 1966 à 1977, la sidérurgie et ses activités annexes a déjà perdu 46 000 emplois. En 1977, la production est inférieure à celle de 1969. Alors que la France produisait en 1953 plus d’acier qu’elle n’en utilisait, elle accuse en 1977 un important déficit… 

Pendant longtemps les deux films de Jean Renoir, La vie est à nous  (1936), produit par le Parti communiste dans le cadre de la campagne électorale des élections législatives, et La Marseillaise (1938), en partie financée par une souscription populaire organisée par la CGT, ont été les deux arbres, l’un franchement communiste, l’autre très « Front populaire », qui ont masqué une forêt de films produits et diffusés par des réseaux militants particulièrement vivaces, réseaux (de gauche) tentant de marier culture, distraction et propagande.  La CGT ne s’est pourtant pas contentée de participer activement à l’aventure de La Marseillaise; l’organisation syndicale a en effet été à l’origine, autour de 1938, de trois « films fédéraux », Sur les routes d’acier, Les bâtisseurs et Les métallos, soit les films des fédérations des cheminots, des travailleurs du bâtiment  et des métallurgistes, respectivement réalisés par Boris Peskine, Jean Epstein et Jacques Lemare.

Tourné en 1956, Les copains du dimanche, une commande de la CGT, est un film de propagande mais non une œuvre militante, précise Tangui Perron. Par-delà la ligne politique qu’il assume, à une époque où le syndicat évolue, ce film anticipe et exprime les futures mutations de la classe ouvrière. Film de militants sans être film militant, Les copains du dimanche, malgré son échec commercial, demeure une œuvre témoin.

Au début des années 70, essentiellement grâce à Marc Ferro et à Pierre Sorlin, s'est esquissée une nouvelle discipline historique baptisée « histoire et cinéma » alors que se développait, toujours dans le domaine de l'histoire, toute une série de « nouveaux objets » et de « nouveaux territoires » dont le cinéma devait être un des plus beaux fleurons.

Photographie tirée de Sur les routes d'acier, documentaire réalisé en 1938 par Boris Peskine.

Avouons-le tout de suite : le cinéma est entré tardivement dans le champ des préoccupations syndicales. Il est vrai que cette industrie officiellement apparue en 1895, comme la CGT, revêtit longtemps un caractère artisanal et qu'elle embaucha d'abord relativement peu de monde, sur des sites essentiellement placés en région parisienne ou dans le sud de la France. Les gros bataillons du prolétariat, attirant en priorité l'attention des syndicats, se situaient dans les mines, les transports, la métallurgie, pas dans les studios de la porte de Montreuil ou d'Epinay. Tirer la pellicule, la colorer (aux pochoirs ou dans des bains de couleur), construire et peindre des décors nécessitait certes l'existence d'un « prolétariat du film », mais cette industrie peu demandeuse de main-d'oeuvre fut du reste longtemps précaire et saisonnière. (On tournait aux beaux jours, on embauchait le temps d'un film). Et l'on connaît par ailleurs le peu d'empressement des premiers syndicats à défendre sur le long terme la main-d'oeuvre féminine, abondante dans les laboratoires et les métiers de la pellicule.

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