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Solidarateau

 
 
Séance Solidarateau 
samedi 19 septembre 2020
à 19h au cinéma L'Étoile de La Courneuve
Masque obligatoire
 
Depuis de nombreuses années, si ce n’est plusieurs décennies, des ouvriers de l’usine Rateau de La Courneuve recherchaient désespérément ce qu’était devenu le reportage de la télévision est-allemande consacré à leur lutte de 1974. 46 ans plus tard, il est enfin possible de présenter ce film en avant-première au cinéma l’Etoile de La Courneuve…
 
Regarder aujourd’hui Solidarateau (couleur, 55 minutes de Fritz Müllendorf et Helmut Kessner) – aussi nommé On ne démantèle pas la banlieue rouge – est effectuer un singulier voyage dans le temps. Créée par l’ingénieur Auguste Rateau (1863-1930) et absorbée par le groupe CGE-Alsthom en 1970, l’usine Rateau fut longtemps un fleuron de l’industrie métallurgique en région parisienne et la longue lutte de 1974 contre son démantèlement programmé est emblématique à plus d’un titre. Il est vrai que ces 90 jours d’occupation, de manifestations et d’actions ont eu lieu dans un contexte politique et économique particulier. La mort prématurée de Georges Pompidou précipita les élections présidentielles (et le candidat unique de la gauche, François Mitterrand, ne fut battu que d’un cheveu par Giscard d’Estaing). Le choc pétrolier accéléra la crise économique et favorisa la généralisation de l’industrie nucléaire pour laquelle l’usine de La Courneuve était en capacité de produire des turbines. Cette longue lutte, menée par la CGT et le PCF et soutenue par la municipalité, entendait bâtir un modèle de résistance contre la désindustrialisation de la région parisienne en général et de la Seine-Saint-Denis en particulier. Sans doute fut-elle aussi érigée en modèle pour concurrencer le célèbre conflit de l’usine horlogère LIP à Besançon. Il arrive que les conflits sociaux luttent politiquement et médiatiquement les uns contre les autres…
 
Solidarateau, documentaire édifiant, pop et propagandiste, construit l’image fantasmée et idyllique d’un monde ouvrier uni et homogène. Il s’achève aussi par un happy-end : le mariage du modeste héros rouge, le syndicaliste Maurice Tavernier, par le maire de la cité, le populaire James Marson. C’est aussi un document sur une lutte importante, la banlieue ouvrière, les évolutions du capitalisme  et celles, sociales et urbanistiques, de la région parisienne.
 
  
©IHS-CGT
 
En plus de Solidarateau, d’autres rares archives audiovisuelles seront projetées lors de cette soirée organisée à l’occasion des journées du patrimoine.
 
Séance animée par Tangui Perron, chargé du patrimoine audiovisuel à Périphérie, en présence et avec la participation d’anciens salariés de l’usine Rateau et de chercheuses et chercheurs en sciences sociales.
 
Entrée libre.
Masque obligatoire

Remerciements : Corentin Loterie, Coline Perron et Maxime Grember

Séance en partenariat avec 

    

 

Bibliographie: Granger Christophe, « Le match et la grève, ou les usages militants de l'événement (années 1970) », Sociétés & Représentations, 2011/2 (n° 32), p. 111-134.
Retrouvez la chronologie de la lutte Rateau > ici <
 
©IHS-CGT