Voici les 6 projets sélectionnés.
Félicitations aux lauréat⸱e⸱s et merci aux candidate⸱s qui ont déposé leur projet ! 

Gorbejde Iheb Abidi prod. Muja Films, Gorbej Production, Cinéma Salama

« Gorbej » suit sur plusieurs années le quotidien d’une famille de la classe moyenne après la Révolution du Jasmin. À travers le regard du fils aîné, nous pénétrons dans l’intimité de ses cinq membres qui vivent sous le même toit dans la banlieue de Tunis. Jihene, la petite sœur, est une élève modèle qui après le baccalauréat poursuit des études en sciences informatique tout en travaillant, avec l’espoir d’une vie meilleure. Khalil, le frère cadet, rêve depuis toujours de devenir footballeur professionnel. Victime de la corruption des responsables de son club, il est prêt à tout pour rejoindre l’Europe et y trouver une équipe qui lui donnera sa chance… quitte à traverser illégalement la mer Méditerranée. Malgré des moyens limités, les parents Zina et Moncef, sont prêts à tous les sacrifices pour aider leurs trois enfants à accomplir leurs projets. Et moi, Iheb, l’homme derrière la caméra, parfois devant, dont la famille demeure sceptique quant à son désir de devenir cinéaste.

Kivu, de Elisé Sawasawa
prod. Les Films du Bilboquet, Molakisi Films

Goma, République Démocratique du Congo. Après l’éruption volcanique qui a englouti sa maison et ses économies, Ally, jeune comédien, doit tout recommencer à zéro. Dans cette ville sans cesse menacée par la guerre et l’activité du volcan Nyiragongo, Ally se débat pour reconstruire sa vie et se projeter vers l’avenir.

L’estuairede Juruna Mallon
prod. Bocapulco Films, Lira Cinematografica

Sur les rives de l’estuaire du port de Santos1 se trouve le plus grand et le plus fréquenté des ports d’Amérique latine. Dans l’endroit même où, en 1532, le premier village portugais des Amériques fût établi. Le port de Santos est un ensemble de réalités différentes et contradictoires. D’un côté, les installations portuaires les plus modernes, par lesquelles transite plus d’un tiers du PIB du pays ; de l’autre, des quartiers populaires et des communautés construites sur pilotis. Chaque jour, des dizaines de petits bateaux traversent les structures portuaires monumentales et contournent les gros cargos pour emmener les travailleurs de leur domicile à leur travail. Le film, avec sa caméra embarquée, suivra le petit bateau de Roberto, qui travaille dans le port depuis plus de 40 ans.

Ministères de la solitudede Ombline Ley et Quentin Coulon
prod. Macalube Films, Grûnt

Ministère de la solitude est une enquête sur le territoire japonais, mi-sitcom, mi-documentaire. La natalité est en berne. Dans les bureaux d’une institution fictive aux contours absurdes, de vrais ministres portent de faux ventres de grossesse pour tenter de comprendre le mystère de la maternité et enrayer la dépopulation galopante. Des pompiers en mal de recrutement s’agitent sur des ponts suspendus, toujours prêts à affronter la prochaine catastrophe naturelle. Les femmes, comme autant de résistantes fondues dans la foule affairée, ne font plus d’enfants et passent leur temps à danser. Nous sommes au Japon, mais nous pourrions être ailleurs : au cœur d’un paradigme capitaliste en pleine déliquescence et en proie à ses propres contradictions. Dans un futur proche, ou une dystopie plausible, nous partons à la rencontre de femmes et d’hommes soumis à la pression anthropique, comme autant de témoins d’un monde proche de l’effondrement.

Notre sangde Valentine Gauthier Fell
prod. Because the Night Production

Pendant plusieurs années j’ai filmé mes visites chez mon grand-père Robert et sa compagne Jeanine. Tandis que la caméra tournait en continu, Robert fuyait mes questions à propos des deux femmes de sa vie : Ma grand-mère Lilian, juive et comme lui rescapée de la Shoah, qu’il avait épousée et avec laquelle il avait fondé une famille. Et Jeanine qu’il avait aimée toute sa vie mais à qui il avait refusé le mariage et les enfants. Selon Jeanine, Robert n’était pas juif, selon moi il ne pouvait pas être autre chose. À la disparition de Robert, bouleversée par ma propre difficulté à construire ma vie avec la femme que j’aime, j’entreprends de reconstituer mon récit familial. Entre ses deux vies parallèles et ses deux identités, qui était-il ? Et que m’a-t-il légué ?  Dans son appartement résonne une peur viscérale, celle d’aimer pleinement et librement.

Tête de granitede Maxime Faure
prod. Grande Ourse Films

Crys, 16 ans, n’a plus de nouvelles de sa mère depuis bientôt 2 ans. Lorsque l’absence se fait trop forte, c’est dans les bras de Martine qu’elle cherche un réconfort — jamais rassasié. Martine, c’est sa famille d’accueil, chez qui elle est placée depuis 10 ans. Martine, c’est aussi ma mère. Tous les trois, nous expérimentons ce que signifie viscéralement le fait de faire famille, avec une double échéance en tête : la majorité de Crys, mettant fin à son placement, et le départ à la retraite de Martine, après 20 ans de métier. Dans un Finistère du bout du monde, plongée dans un tourbillon d’émotions ambiguës, Crys tente d’esquisser les contours de sa future vie d’adulte. Et moi, je serai là à ses côtés, quoi qu’il advienne. Comme si j’étais son frère. Comme si elle était ma sœur.

Gorbej
Kivu
L’Estuaire
Ministères de la solitude
Notre sang
Tête de granite