Crèche Myriam David

En cours

Rosny-sous-Bois
2021-2022

Intervenants

Julien Pornet (Périphérie) et Guillaume Lebel (monteur)

Partenaires

Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis dans le cadre des Chroniques documentaires
Théâtre et Cinéma Georges Simenon de Rosny-sous-Bois

Personnel participant

Jonalda CENECHARLES (Auxiliaire de Puériculture)
Nathalie CERRAJERO (Directrice de la crèche)
Magalie HERBLAY (CAP)
Sureyya KEKIL (Educatrice Jeunes Enfants)
Francine MANGIKULUA (CAP)
Ernestine MBAZUER (Cuisinière)
Nadia RETTAB (Auxiliaire de Puériculture)
Vanessa SMADJA (Auxiliaire de Puériculture)
Charline STEINER (Educatrice Jeunes Enfants)

Présentation

L’Observatoire documentaire à la crèche Myriam David a débuté en Mai 2021. Nous avons commencé l’aventure avec une première phase d’initiation au cinéma documentaire. Cette immersion d’une semaine au cœur des images et des sons a permis à un groupe de huit professionnelles de crèche de se familiariser avec le cinéma documentaire de création à travers la projection de courts-métrages ou d’extraits documentaires. L’occasion de parcourir l’histoire du cinéma documentaire, de se confronter à différents modes d’écritures cinématographiques, d’appréhender l’approche documentaire, les repérages, d’étudier le cadrage, le son, le montage et d’aborder la question de l’écriture, de la note d’intention au scénario.

Nous avons ensuite expérimenté les premiers exercices filmés en proposant à chacune de ramener un objet personnel porteur d’une histoire et de raconter cette histoire.
Ce dispositif simple (objet/récit/récitant) avait deux objectifs : éprouver le fait d’être filmée avant de filmer les autres mais aussi répondre à une question cinématographique, à savoir comment filmer la parole (en évitant le dispositif rigide et intimidant de l’interview journalistique) ? Nous avons projeté les exercices filmés pour voir tous ensemble le travail accompli, prendre la mesure de ce qui se joue dans ce rapport image/parole d’un point de vue cinématographique et des questions qui se posent dès lors qu’on décide de filmer.

Nous avons ensuite proposé à l’équipe de la crèche de commencer à consigner dans un carnet de bord des réflexions et des observations qui pourraient nourrir l’écriture d’un film à venir car un des objectifs de l’Observatoire est d’utiliser l’outil cinéma pour aboutir à une réalisation collective et donner à voir quelque chose du travail, du geste et de la pensée au cœur des pratiques professionnelles.

Actuellement, nous en sommes à la phase d’écriture d’une note d’intention pour définir le sujet du film collectif à réaliser et nous sommes en train d’affiner les questionnements que l’équipe de la crèche souhaite explorer à travers cette réalisation.

Pour débuter le travail d’écriture, nous avons demandé à chacune de filmer un plan séquence fixe d’une minute dans la crèche pour commencer à mettre en image des idées, des sensations, des intuitions…

Après une phase de réflexion et d’écriture collective afin d’affiner les intentions et les questionnements que le film pourra soulever, l’équipe est parvenue à un donner une direction plus précise au travail : le film se concentre finalement sur les enjeux du jeu pour le petit enfant et plus spécifiquement au sein de la crèche. 

En Octobre, pour approfondir la réflexion collective et prolonger la pensée documentaire, une rencontre avec la cinéaste Juliette Guignard a été organisée pour l’équipe de la crèche Myriam David autour de son film « La Terre du milieu » au Théâtre et Cinéma Georges Simenon à Rosny-sous-Bois. Cette journée en dehors de la crèche, dans un cinéma, pour découvrir un film documentaire projeté en salle, dans des conditions optimales, a été un moment important pour prendre la mesure de ce que représente la « fabrication » d’un film. Ce fût à la fois l’occasion de voir un film documentaire dans son intégralité et de rencontrer une cinéaste autour d’un ses films afin de mieux comprendre le processus de création (de l’idée de film à l’écriture, des repérages au tournage jusqu’à l’étape décisive du montage). Nous sommes revenus sur des extraits du film pour mieux comprendre ses secrets de fabrication et l’approche cinématographique de la réalisatrice en nous attardant sur la question du montage, cette phase minutieuse d’agencement et de mise en récit des images et des sons qui donne corps au film. Et nous avons également pu découvrir le premier film de la réalisatrice Te merau, co-réalisé avec Fanny Corcelle.

Tournage 

De mai à juillet, nous avons effectué plusieurs jours de tournage. Les professionnelles ont d’abord réalisé deux entretiens avec des spécialistes du jeu et de la petite enfance : un avec Monique Busquet, psychomotricienne et formatrice, et l’autre avec Patrice Huerre, pédo-psychiatre, psychothérapeute et psychanalyste.  Ces entretiens ont permis de préciser encore un peu plus les directions de tournage : des enjeux du jeu sont apparus plus clairement, que l’équipe a ensuite cherché à filmer et restituer. Les tournages suivants se sont concentrés sur des moments de jeux dans différents espaces et différentes sections de la crèche (bébés, moyens, grands, espaces intérieurs, extérieurs…). L’équipe a voulu mettre en avant l’initiative « une journée sans jouets », mais aussi les activités proposées par la crèche comme les jeux d’eau,  les jeux de manipulation, de transvasement, les jeux de motricité… tout en portant une attention à la relation des professionnelles aux enfants lors de ces temps de jeu : interactions, écoute, accompagnement, propositions.

Le film s’est affiné au fil des tournages. L’avant-dernier jour de tournage a soulevé des questions au sein de l’équipe : quel film sont-elles en train de réaliser ? que va-t-il pouvoir montrer du travail des professionnelles et du jeu ? que manque-t-il, les choix faits jusqu’ici ont-ils été les bons ?La réflexion de cet avant-dernier jour a permis de cibler les derniers éléments que l’équipe souhaitait filmer lors du dernier jour de tournage qui a eu lieu en juillet. Un temps de parole entre les professionnelles elles-mêmes a ainsi été mis en scène et des activités dirigées ont été filmées en contrepoint des jeux plus libres où le positionnement des professionnelles est moins visible. 

Montage

Le montage du film débutera fin septembre, après une phase de dérushage collectif et individuel, qui permettra de réaliser une première sélection de rushes et esquissera des premières pistes de montage.