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PATRIMOINE

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Films et séances

Photographies de Claude Dityvon et Pierre Douzenel / F. Douzenel

Livres et revues :

Marc BERNADOT, Loger les immigrés, La Sonacotra 1956-2006, Terra, 2008

Gilles DE STAAL, Mamadou m'a dit, luttes des foyers, Révolution Afrique et Africa fête, Syllepse, 2008

Michel FIEVET, Le livre blanc des travailleurs immigrés des foyers, L'Harmattan-Ciemi, 1999

Mireille GINESY-GALANO, Les immigrés hors la cité : le système d'encadrement des foyers (1973-1982), L'Harmattan-Ciemi, 1984

En mars 1938, mandaté par le journal Regards, Willy Ronis réalise une série de clichés dans l'usine Citroën-Javel occupée par ses ouvrières et ouvriers. Publiée plus de quarante plus tard, une de ces photos, celle de la militante Rose Zehner haranguant la foule des grévistes, va devenir une icône du Front populaire et du mouvement social.
 

Certains cinéastes n'ont plus peur de l'histoire. Les agissements des réseaux staliniens en France sous le Front populaire sont ainsi directement abordés avec Disparus (1998) de Gilles Bourdos et Triple agent (2004) d'Eric Rohmer. Non pas "le passé qui ne passe pas" (comme le dirait William Faulkner) mais celui qu'on ne transmet pas, est aussi une problématique nouvellement appréhendée.

Au début des années 70, essentiellement grâce à Marc Ferro et à Pierre Sorlin, s'est esquissée une nouvelle discipline historique baptisée « histoire et cinéma » alors que se développait, toujours dans le domaine de l'histoire, toute une série de « nouveaux objets » et de « nouveaux territoires » dont le cinéma devait être un des plus beaux fleurons.

Photographie tirée de Sur les routes d'acier, documentaire réalisé en 1938 par Boris Peskine.

La mobilisation contre le CPE (Contrat Première Embauche) dont le point culminant fut atteint au printemps 2006, a engendré chez les étudiants des pratiques cinématographiques visant dans un premier temps à rendre compte de la lutte, à l’encourager ou à l’organiser. Ces films qui circulent aujourd’hui, distribués par des réseaux militants ou indépendants, nous apportent des regards variés sur l’éclosion et la fin de ce mouvement, et une matière à réflexion pour alimenter d’autres luttes.

Avouons-le tout de suite : le cinéma est entré tardivement dans le champ des préoccupations syndicales. Il est vrai que cette industrie officiellement apparue en 1895, comme la CGT, revêtit longtemps un caractère artisanal et qu'elle embaucha d'abord relativement peu de monde, sur des sites essentiellement placés en région parisienne ou dans le sud de la France. Les gros bataillons du prolétariat, attirant en priorité l'attention des syndicats, se situaient dans les mines, les transports, la métallurgie, pas dans les studios de la porte de Montreuil ou d'Epinay. Tirer la pellicule, la colorer (aux pochoirs ou dans des bains de couleur), construire et peindre des décors nécessitait certes l'existence d'un « prolétariat du film », mais cette industrie peu demandeuse de main-d'oeuvre fut du reste longtemps précaire et saisonnière. (On tournait aux beaux jours, on embauchait le temps d'un film). Et l'on connaît par ailleurs le peu d'empressement des premiers syndicats à défendre sur le long terme la main-d'oeuvre féminine, abondante dans les laboratoires et les métiers de la pellicule.

Parce que Saint-Denis est une vieille terre industrielle, elle a attiré des travailleurs de partout, de Bretagne ou d’Espagne, de Kabylie ou du Mali. Il s’est trouvé de talentueux réalisateurs de la télévision (Jacques Krier, Maurice Failevic, Marcel Trillat, Gérard Chouchan…) pour évoquer leurs parcours avec humanité, par le documentaire ou, chose encore moins connue, la fiction. Ces rencontres se proposent d’être un voyage dans l’histoire prolétaire de Saint-Denis ainsi qu’un regard sur les meilleures créations de la télévision publique, il y a fort longtemps. Nous ne négligerons pas l’actualité pour autant.

 

Claude Dityvon  a eu une enfance provinciale en milieu populaire, voire (très) pauvre, dont on ne peut dire qu’elle fut particulièrement heureuse. De ses paysages et jeux enfantins (en particulier des parties de lance-pierres dans la campagne de La Rochelle), Dityvon garda néanmoins de chaleureux souvenirs qui, plus tard, enrichirent certaines de ses compositions photographiques (par exemple, celles du bidonville de La Campa).

 

Article aparu à L'Huma Dimanche, semaine du 14 au 19 mai 2009 (n°161)

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