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PATRIMOINE

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Majoritairement marocains, tunisiens et algériens, les ouvriers de Penarroya à Saint-Denis et à Lyon, usines affiliées au groupe Rothschild, récupéraient et faisaient fondre différents métaux dans des conditions d’hygiène et de sécurité lamentables. Suite à travail militant et syndical, les 135 ouvriers de Saint-Denis, regroupés à la CGT, se lancèrent dans une grève d’une quinzaine de jours en 1971 pour le droit au respect et une augmentation de salaire. 

Si Belle-Ile fut longtemps une terre majoritairement agricole, dure à vivre, elle est aujourd’hui, globalement, un lieu de villégiature pour une nouvelle bourgeoisie à la recherche d’un endroit libre et « authentique », aux paysages splendides. Et le lieu a effectivement été trouvé – et squatté. Cette occupation en douceur respectant – avec de fâcheuses exceptions – la préservation du littoral (pas les plateaux ni les villages) ne s’est pas faite en un jour ni récemment. Tout un mouvement artistique (de Monet à Arletty en passant par Sarah Bernhardt) a précédé cet engouement, sans oublier ceux qui durant les années 1970 ont tenté de marier, souvent sous les toiles de tentes ou sur les ponts des voiliers, bohême et utopie. Belle-Ile est depuis longtemps un chant d’amour et un mot de passe pour initiés.

 
 

Aux vues des films français réalisés sous le Front populaire et diffusés commercialement, un observateur lointain pourrait conclure doctement que la guerre d'Espagne n'a pas eu lieu. Sur les 350 films (environ) produits durant cette période, deux seulement se permettent une brève allusion à cet événement capital qui suscita de nombreux gestes de solidarité, divisa le Front populaire et passionna l'opinion internationale. Mais il est vrai que sur cette masse de films, 12 au maximum – souvent baptisés " Cinéma du Front populaire "...  – évoquent plus ou moins directement l'actualité politique et sociale (et près de la moitié de ces films fut réalisée par un seul homme, Jean Renoir). 

La grève avec occupation des métallurgistes de l’usine Rateau à la Courneuve est une des premières grandes luttes contre une politique de restructuration et de liquidation d’entreprises qui se manifesta de manière particulièrement précoce en Seine-Saint-Denis. Intervenant quelques années après 1968, ce conflit marque l’entrée dans un cycle de combats de longue durée avec occupations des locaux, pour la défense de l’emploi. Ces affrontements se déroulent alors même que le monde industriel français se restructure et passe de la phase patronale au capitalisme financier. 

Réalisé en 1994 pour le journal Révolution, l'entretien avec Willy Ronis publié ci-dessous est ici retranscrit pour la première fois dans son intégralité.

Photographie de Meyer.

 

En janvier 1975, la direction de Grandin (usine d’électronique à Montreuil dépendante du trust Thomson) annonce aux 500 travailleurs – des femmes, en grande majorité - leur licenciement et la fermeture de l’usine. En février, l’occupation est décidée. Pendant 9 mois, les ouvrières de Montreuil mèneront des actions à tous les niveaux, dans les ministères, à la radio et à la télévision, dans les manifestations. Aidées par la CGT, le PCF et la mairie de Montreuil, elles sauront susciter une solidarité qui ne faiblira pas. 

Si les bidonvilles ont une histoire, quasiment sans trace dans le paysage urbain, ce terme si explicite a également un passé riche d’enseignements sur la perception du phénomène et ses traitements politiques.

Le livre de Laurent Marie fait figure de bonne nouvelle pour ceux qui mettent au centre de leurs recherches le cinéma comme pour les historiens du communisme. Le cinéma est à nous écrit dans une langue toujours claire et jamais jargonante (qualité relativement rare chez les universitaires) a le mérite non seulement de prolonger mais aussi d'approfondir une thèse écrite sur le même sujet, thèse que l'auteur a soutenu en Irlande, à l'université de Dublin en 2001. Centré sur la vaste période 1945-2005, le livre analyse surtout le milieu et le travail des critiques communistes et leur rapport avec la direction du PCF, comme il traite de leur positionnement dans le champ de la critique en général.

Pendant longtemps, l'approche des rapports entre mouvement ouvrier et cinéma fut esquissée par des historiens et surtout des critiques (souvent soviétophiles) dont on ne retint généralement que quelques repères sommaires, soit un coup de clairon et une citation. Le coup de clairon : la nationalisation du cinéma le 27 août 1919 par la République des soviets. La citation : «Le cinéma est de tous les arts le plus important» (Lénine). L'histoire des liens tissés par les mouvement communistes nationaux fut ainsi déclinée à l'aune de ce décret et de cette déclaration.

Longues, âpres, aux enjeux cruciaux, les luttes du Livre ont marqué l'histoire de la Seine-Saint-Denis et ont porté au-delà. L'imprimerie Chaix à Saint-Ouen fut ainsi occupée pendant 68 mois à partir de novembre 1975. Les travailleurs du Parisien, entre autres par des actions spectaculaires, firent connaître leur lutte dans toute la France. Cependant, ces conflits, en dehors des mémoires professionnelles et syndicales, sont aujourd'hui méconnus.

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