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PATRIMOINE

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Bretagne et cinéma

Films et séances

Comme il existe un cinéma militant, il existe aussi un cinéma anticolonial – et les deux sont intimement liés. Si ce cinéma fut toujours précaire, fauché et systématiquement censuré, s’il fut seulement le fait d’une poignée d’hommes et de femmes, il est aussi le symptôme d’un mouvement anticolonial profond, tant dans les pays colonisés que dans les pays colonisateurs. Ces films tournés et projetés clandestinement ont montré à des dizaines de milliers de personnes les crimes du colonialisme, le pillage des richesses, l’inégalité et l’iniquité des échanges. Leur rôle historique est indéniable. Les films anticoloniaux – et certains pamphlets sont des chefs-d’œuvre – sont à intégrer à l’histoire du cinéma mais aussi à l’histoire des indépendances, souvent malmenée et méconnue.

Contestation et culture(s) de mai 68

Présidence : Pascal Ory, Université de Paris I


Les cinéastes insurgés ont-ils manqué la couverture de mai 68 ? (Sonia Bruneau, Université de Paris III)
La CGT en 1968 : organisations, militants et salariés saisis par le cinéma (Michel Pigenet, Tangui Perron, CHS XXe siècle, Université de Paris I)
Images de la contestation en 68 : l'exemple de L'Enragé (Stéphane Mazurier, LAHRA, Université de Lyon)
Le mai 68 des créatrices féministes. Dessins humoristiques, affiches militantes et arts plastiques (Fabienne Dumont, Université de Paris I)

 

Dans le cadre de la 11e édition du festival « Est-ce ainsi que les hommes vivent – La comédie du travail », organisé par le cinéma L’Ecran, Périphérie a conçu trois projections-débats :

Le travail à la chaîne
Rateau rouge : une lutte victorieuse ?
L’écran-gréviste

 

 

Le Finistère, dans le domaine cinéphilique et patrimonial en tout cas, a de la chance. La cinémathèque de Bretagne est située à Brest et la ville accueille de plus le festival du court-métrage européen. Plus au sud, la populaire cité de Douarnenez accueille elle le Festival des minorités (qui va bientôt fêter ses trente ans), tandis que la ville-préfecture, Quimper, maintient une cinéphilie exigeante avec les studios du Chapeau rouge et l'association Gros Plan.

Le 23 mars 1979 eut lieu à Paris une manifestation nationale de la CGT en solidarité avec les sidérurgistes lorrains. Cette manifestation, patiemment et systématiquement préparée par la confédération, entendait également protester contre une politique globale de casse industrielle et de chômage. Pour l'occasion une radio libre fut même créée (Radio Lorraine Coeur d'acier).

En 1970, un collectif de journalistes et de cinéastes (dont Marcel Trillat) découvrent et filment les conditions de vie, parfois épouvantables, des travailleurs immigrés au sein du département (à Aubervilliers et Saint-Denis), ainsi que les gestes de solidarité de la population et des syndicats (CGT et CFDT). A ce titre Etranges Etrangers (1970) constitue un document historique unique.

Algérie, année zéro (1962) de  Marceline Loridan et Jean-Pierre Sergent

Classe de lutte (1968-69) de  Groupe Medvedkine

Les trois cousins (1969) de René Vautier

En octobre et novembre 1979, les ouvriers de l'usine Alsthom de Saint-Ouen se lancent dans une longue grève soutenue localement par la CGT et la CFDT. Jean-Pierre Thorn, cinéaste et ancien ouvrier "établi", venant tout juste de quitter l'usine après sept années de travail, retourne dans l'entreprise avec une caméra. Epaulé par une équipe d'opérateurs (dont Bruno Muel et des membres de l'ancien collectif Ciné-Lutte), il réalise alors Le dos au mur, documentaire suivant au jour le jour la grève et donnant la parole aux acteurs du conflit. Le dos au mur est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs documentaire sur une grève ouvrière "filmée de l'intérieur".

Si la Bretagne de la mer, des ports et de la pêche, a été beaucoup filmée (celle des terres beaucoup moins), une réalité et un rituel sont aujourd'hui nouvellement abordés : la Bretagne de "la piste". Le Magic Cinéma et la mission du Patrimoine ont déjà programmé de nombreux films sur la pêche, les îles et leurs métiers, de Goémons (1948) de Yannick Bellon à La Peau trouée (2004) de Julien Samani. Le film de Julien Samani témoigne ainsi que la source, à défaut de la ressource, ne s'est pas tarie. "Le film de pêche" est un genre documentaire qui a ses poncifs et classiques, ainsi que ses perles et curiosités.

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