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Longues, âpres, aux enjeux cruciaux, les luttes du Livre ont marqué l'histoire de la Seine-Saint-Denis et ont porté au-delà. L'imprimerie Chaix à Saint-Ouen fut ainsi occupée pendant 68 mois à partir de novembre 1975. Les travailleurs du Parisien, entre autres par des actions spectaculaires, firent connaître leur lutte dans toute la France. Cependant, ces conflits, en dehors des mémoires professionnelles et syndicales, sont aujourd'hui méconnus.

 

Le phénomène des bidonvilles, très prégnant dans l'histoire urbaine, sociale et politique de la Seine-Saint-Denis, a concerné des dizaines de milliers de personnes entre 1954 et 1974. Photographies et films en constituent une trace et un témoignage indispensables. La lecture et la confrontation des images permettent de mieux comprendre les réalités, les acteurs et les enjeux de cette histoire. Celle-ci trouve un écho dans le mal logement qui perdure aujourd’hui en France.

Il y a longtemps que l’on connaît l’œuvre de Marie Hélia, et les spectateurs du Magic Cinéma se souviennent certainement de l’Usine rouge (1989, son premier documentaire, sur la grève des ouvrières de Douarnenez en 1925), des Filles de la sardine (2001, sur le travail des sardinières aujourd’hui) comme deux de ses courts-métrages de fiction (tout à fait réussis),  Monette (2000) et  Les Princesses de la piste (2004). Ainsi, Marie Hélia est une des rares cinéastes en Bretagne dont on attend avec curiosité si ce n'est avec impatience chaque nouvelle pièce d'une œuvre commencée  à la fin des années 80. 

"Radio Lorraine Cœur d'Acier", fondée suite à une décision de la CGT, a été créée pour populariser la lutte des sidérurgistes lorrains qui connut une étape spectaculaire avec la marche du 23 mars 1979 à Paris. "RLCA" fut aussi une aventure radiophonique innovante et populaire que le gouvernement d'alors essaya de faire taire par de nombreux moyens. 

Comme il existe un cinéma militant, il existe aussi un cinéma anticolonial – et les deux sont intimement liés. Si ce cinéma fut toujours précaire, fauché et systématiquement censuré, s’il fut seulement le fait d’une poignée d’hommes et de femmes, il est aussi le symptôme d’un mouvement anticolonial profond, tant dans les pays colonisés que dans les pays colonisateurs. Ces films tournés et projetés clandestinement ont montré à des dizaines de milliers de personnes les crimes du colonialisme, le pillage des richesses, l’inégalité et l’iniquité des échanges. Leur rôle historique est indéniable. Les films anticoloniaux – et certains pamphlets sont des chefs-d’œuvre – sont à intégrer à l’histoire du cinéma mais aussi à l’histoire des indépendances, souvent malmenée et méconnue.

Contestation et culture(s) de mai 68

Présidence : Pascal Ory, Université de Paris I


Les cinéastes insurgés ont-ils manqué la couverture de mai 68 ? (Sonia Bruneau, Université de Paris III)
La CGT en 1968 : organisations, militants et salariés saisis par le cinéma (Michel Pigenet, Tangui Perron, CHS XXe siècle, Université de Paris I)
Images de la contestation en 68 : l'exemple de L'Enragé (Stéphane Mazurier, LAHRA, Université de Lyon)
Le mai 68 des créatrices féministes. Dessins humoristiques, affiches militantes et arts plastiques (Fabienne Dumont, Université de Paris I)

 

Dans le cadre de la 11e édition du festival « Est-ce ainsi que les hommes vivent – La comédie du travail », organisé par le cinéma L’Ecran, Périphérie a conçu trois projections-débats :

Le travail à la chaîne
Rateau rouge : une lutte victorieuse ?
L’écran-gréviste

 

 

Le Finistère, dans le domaine cinéphilique et patrimonial en tout cas, a de la chance. La cinémathèque de Bretagne est située à Brest et la ville accueille de plus le festival du court-métrage européen. Plus au sud, la populaire cité de Douarnenez accueille elle le Festival des minorités (qui va bientôt fêter ses trente ans), tandis que la ville-préfecture, Quimper, maintient une cinéphilie exigeante avec les studios du Chapeau rouge et l'association Gros Plan.

Le 23 mars 1979 eut lieu à Paris une manifestation nationale de la CGT en solidarité avec les sidérurgistes lorrains. Cette manifestation, patiemment et systématiquement préparée par la confédération, entendait également protester contre une politique globale de casse industrielle et de chômage. Pour l'occasion une radio libre fut même créée (Radio Lorraine Coeur d'acier).

En 1970, un collectif de journalistes et de cinéastes (dont Marcel Trillat) découvrent et filment les conditions de vie, parfois épouvantables, des travailleurs immigrés au sein du département (à Aubervilliers et Saint-Denis), ainsi que les gestes de solidarité de la population et des syndicats (CGT et CFDT). A ce titre Etranges Etrangers (1970) constitue un document historique unique.

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