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S'intéreser au monde ouvrier et au cinéma, même si les premières images cinématographiques montrent la foule ouvrière sortant des usines Lumières et si le cinéma eut longtemps, sur le plan national, une sorte de monopole sur les loissirs de masse, n'est pas en soi évident. Un monde en effet semble séparer les usines de Billancourt et les studios de Boulogne. 

Dans l'histoire du PCF l'automne 1947 apparaît comme une étape à la fois charnière et capitale. Il est maintenant connu que «le parti de Maurice Thorez» opéra lors de cette période un changement stratégique important, alors que durant l'été 1947 il entendait encore rester un «parti de gouvernement» comme l'affirma Thorez lui-même au congrès de Strasbourg, après l'éviction des ministres communistes [1] . Pour un parti faisant enfin - on l'y aida - le "deuil" de sa participation gouvernementale, les élections municipales d'octobre 1947 revêtaient une fonction primordiale, et ce d'autant plus que les municipalités étaient pour lui la base de son "hégémonie" dans la population ouvrière, la preuve de son efficacité, la promesse d'une utopie dont le «communisme municipal» dessinait déjà les contours.

Photographie tirée du documentaire Vitry, cité laborieuse, 1947. 

Pour ce quarantième anniversaire de 1968, (presque) chacun s’accorde sur l’importance du “Mai 68 ouvrier”, si ce n’est sur l’exceptionnalité de “l’insubordination ouvrière”. Cependant, Bernard Pudal et Jean-Noël Retière (dans Mai-Juin 68) ont pointé ce qu’ils nomment un “deficit de mémoire ouvrière”. Pour eux, la solution viendraient à penser “par cas” et par “branche”. Or, avec les films sur les grèves dans l’automobile en région parisienne, l’occasion est trop belle pour esquiver cet appel.

Sous le Front populaire (entendu dans sa "large temporalité")[1], le Parti communiste, en nombre inégalé jusque-là, produisit ou distribua des films par lui doublés et souvent remontés ( il peut alors paraître, dans de nombreux cas, comme l'auteur collectif de ces films). Une quarantaine de titres circulent ainsi dans les réseaux militants d'obédience communiste ou syndicaux, en plus des nombreux films projetés lors des soirées distractives et des films soviétiques, quantitativement bien plus important.

Majoritairement marocains, tunisiens et algériens, les ouvriers de Penarroya à Saint-Denis et à Lyon, usines affiliées au groupe Rothschild, récupéraient et faisaient fondre différents métaux dans des conditions d’hygiène et de sécurité lamentables. Suite à travail militant et syndical, les 135 ouvriers de Saint-Denis, regroupés à la CGT, se lancèrent dans une grève d’une quinzaine de jours en 1971 pour le droit au respect et une augmentation de salaire. 

Si Belle-Ile fut longtemps une terre majoritairement agricole, dure à vivre, elle est aujourd’hui, globalement, un lieu de villégiature pour une nouvelle bourgeoisie à la recherche d’un endroit libre et « authentique », aux paysages splendides. Et le lieu a effectivement été trouvé – et squatté. Cette occupation en douceur respectant – avec de fâcheuses exceptions – la préservation du littoral (pas les plateaux ni les villages) ne s’est pas faite en un jour ni récemment. Tout un mouvement artistique (de Monet à Arletty en passant par Sarah Bernhardt) a précédé cet engouement, sans oublier ceux qui durant les années 1970 ont tenté de marier, souvent sous les toiles de tentes ou sur les ponts des voiliers, bohême et utopie. Belle-Ile est depuis longtemps un chant d’amour et un mot de passe pour initiés.

 
 

Aux vues des films français réalisés sous le Front populaire et diffusés commercialement, un observateur lointain pourrait conclure doctement que la guerre d'Espagne n'a pas eu lieu. Sur les 350 films (environ) produits durant cette période, deux seulement se permettent une brève allusion à cet événement capital qui suscita de nombreux gestes de solidarité, divisa le Front populaire et passionna l'opinion internationale. Mais il est vrai que sur cette masse de films, 12 au maximum – souvent baptisés " Cinéma du Front populaire "...  – évoquent plus ou moins directement l'actualité politique et sociale (et près de la moitié de ces films fut réalisée par un seul homme, Jean Renoir). 

La grève avec occupation des métallurgistes de l’usine Rateau à la Courneuve est une des premières grandes luttes contre une politique de restructuration et de liquidation d’entreprises qui se manifesta de manière particulièrement précoce en Seine-Saint-Denis. Intervenant quelques années après 1968, ce conflit marque l’entrée dans un cycle de combats de longue durée avec occupations des locaux, pour la défense de l’emploi. Ces affrontements se déroulent alors même que le monde industriel français se restructure et passe de la phase patronale au capitalisme financier. 

Réalisé en 1994 pour le journal Révolution, l'entretien avec Willy Ronis publié ci-dessous est ici retranscrit pour la première fois dans son intégralité.

Photographie de Meyer.

 

En janvier 1975, la direction de Grandin (usine d’électronique à Montreuil dépendante du trust Thomson) annonce aux 500 travailleurs – des femmes, en grande majorité - leur licenciement et la fermeture de l’usine. En février, l’occupation est décidée. Pendant 9 mois, les ouvrières de Montreuil mèneront des actions à tous les niveaux, dans les ministères, à la radio et à la télévision, dans les manifestations. Aidées par la CGT, le PCF et la mairie de Montreuil, elles sauront susciter une solidarité qui ne faiblira pas. 

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