CAC - Un lieu en cache un autre
Collège Jean-Lurçat à Saint-Denis
2024
Intervenants
Esther Laurent-Baroux
Partenaires
Projet réalisé dans le cadre du programme Culture et Art au Collège - Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis
Classe
3ème 1
Enseignant·es
Caroline Bouchard (Français), Matthieux Blandinières (Anglais), Cédric David (Histoire-Géographie)
Territoires en sel d’argent

« Je m’intéresse depuis longtemps à la pratique de l’argentique. Collégienne, je me souviens avec magie avoir développé mes premières photographies en chambre noire grâce à l’une de mes surveillantes qui proposait un atelier de photographie argentique. J’ai continué cette pratique aux Beaux-Arts, tout en commençant à faire des films en parallèle. Puis j’ai réuni ces deux pratiques en réalisant des films en pellicule. Je pense que chaque lieu porte en lui des histoires, des mémoires singulières. Je pense aussi que si différentes personnes s’intéressent à un même lieu, chacune pourra y raconter des histoires différentes. Pour cette série d’ateliers, je propose de créer un portrait documentaire d’un ou plusieurs lieux familiers aux élèves (proche de leur domicile, proche du collège, un lieu qu’ils et elles affectionnent…). »
« À travers ce portrait, nous pourrons évoquer la mémoire de lieux mais aussi leur présent et pourquoi pas leur futur. J’aimerais initier les élèves à la fabrication d’un film en super 8mm car c’est mon médium de prédilection. Nous explorerons ensemble chaque étape, du tournage au montage, en passant pas le développement des films photochimiques. Cette contrainte particulière demande de la précision et de la concision dans le choix des séquences filmées. Cela permet également de dissocier le tournage du son et de l’image et autorise les participants à se concentrer pleinement sur les spécificités de chacun, puis d’appréhender l’effet du son sur l’image, une fois les éléments montés ensemble. Enfin, filmer en pellicule instaure une distance entre ce qui vient d’être filmé et sa réception, et permet ainsi de déplacer le regard des élèves sur ce qu’ils et elles filment. » Esther Laurent-Baroux

Séance 1 : Projeter la ville
« Je montre à la classe des films réalisés en pellicule par d’autres enfants, et nous en parlons ensemble : sur le premier film un élève dit que les jeunes ont filmé un peu n’importe quoi. Nous regardons un autre film réalisé en 16mm dans un collège, dans lequel les élèves parlent de leurs peurs et de leurs hontes. L’un d’eux me dit que cela procure des émotions très fortes. Nous projetons un plan de la ville au tableau et chacun·e vient y inscrire le nom de son quartier. Nous regardons tou.te.s ensemble des images qu’ils et elles ont pris de leur quartier avant de les accrocher selon leur localisation. »
Séance 2 : La ville en Super 8
« Nous allons dans la ville avec trois caméras Super 8, six bobines d’inversible couleur, trois enregistreurs, et une bobine de fil. Cette dernière est déroulée dans différents lieux pour figurer le voyage à travers la ville. Les élèves sont très à l’aise avec la caméra Super 8. »
Séance 3 : La chimie dévoile la ville
« Nous montons un laboratoire de fortune dans la salle d’arts-plastiques munie d’un évier et d’une pièce noire. Pour utiliser la technique du bain-marie ; nous plongeons des béchers dans des bassines d’eau chauffée à la bouilloire. Les élèves se prennent au jeu du développement assez vite en contrôlant la température des bains, en chronométrant et en remplissant et vidant les cuves régulièrement. Petit à petit, les images des films apparaissent sur les bobines. »
Séance 4 : Gratter la ville
« Les élèves inscrivent leurs prénoms en tout petit sur chaque photograme 16mm. Les élèvent créent ensuite avec l’aide de leur enseignante plusieurs musiques à base de percussions et de xylophones. Enfin, je leur fais expérimenter le montage, que nous faisons en direct. »
Séance 5 : Scènes dyonisiennes
« J’arrive avec une première proposition de montage, que je montre à la classe entière. Les garçons vont enregistrer la lecture des textes que les filles ont écrits en classe. Elles restent avec moi et nous affinons le montage selon leurs directives. »
Esther Laurent-Baroux est cinéaste. Ses films se situent à la croisée du documentaire et de l’expérimental. Elle développe un projet de moyen-métrage documentaire autour de la mémoire du 17 octobre 1961, tourné en pellicule.

